Etats-Unis: la pollution de l’air repart à la hausse

Le 24 octobre 2019 par Romain Loury
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La pollution de l'air dépend-elle du locataire?
La pollution de l'air dépend-elle du locataire?

Après une nette amélioration depuis 2009, la qualité de l’air se dégrade de nouveau depuis 2016, révèle une étude menée par deux économistes américains. La faute de Donald Trump?

Entre 2009 et 2016, la concentration moyenne de particules fines PM2,5 (d’une taille inférieure à 2,5 microns) a connu une baisse de 24 ,2%, avant de repartir à la hausse (+5,5% entre 2016 et 2018), révèle l’étude de Karen Clay et Nicholas Muller, publiée sur le site du National Bureau of Economic Research (NBER).

9.700 décès de plus de 2018

Selon les deux chercheurs, cette hausse aurait engendré un surplus de 9.700 décès prématurés en 2018, équivalant à un coût de 89 milliards de dollars pour le pays. Faut-il voir derrière cette nouvelle tendance l’une des conséquences de l’arrivée de Donald Trump, début 2017, à la Maison blanche? Telle est la question posée en creux par les auteurs de l’étude.

Depuis le début de son mandat, le 45ème président des Etats-Unis n’a en effet cessé d’affaiblir la réglementation sur la qualité de l’air, tout en tenant fortement la bride de l’agence pour la protection de l’environnement (EPA, désormais dirigée par un ex-lobbyiste du charbon, Andrew Wheeler).

Reprise économique, incendies, EPA…

Les chercheurs montrent que les causes de cette dégradation sont probablement multiples: d’une part, l’économie américaine connaît une embellie depuis 2017, ce qui signifie plus de voitures, plus de biens produits, plus d’usines en fonctionnement –donc plus d’émissions. Autre cause possible, les incendies de forêt, dont les auteurs notent une hausse des émissions depuis 2016 dans l’ouest du pays.

Quant à l’EPA, ses contrôles relatifs au Clean Air Act étaient déjà en baisse depuis 2009. Ce qui paraît logique: la pollution diminuant, l’EPA se voit moins obligée d’agir. Toutefois, l’activité de l’EPA en termes de pollution de l’air a continué de diminuer après 2016, bien que la pollution de l’air soit repartie à la hausse. Ce qui, selon les chercheurs, constitue une véritable rupture, qu’ils se proposent d’explorer dans leurs prochains travaux.



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