Etats-Unis: la chasse au CO2 moins chère que Katrina

Le 08 septembre 2006 par Enerpresse
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Dans les derniers jours du mois de mars, deux députés américains ont déposé sur les bureaux de plusieurs commissions sectorielles une proposition de loi audacieuse.

Soutenu par le démocrate du Nouveau Mexique, Tom Udall, et par le républicain du Wisconsin, Tom Petri, le texte prévoit la limitation des émissions de gaz carbonique des grands émetteurs industriels (électriciens, pétrogaziers, houillères, électro-intensifs), l'ouverture d'un marché de quotas d'émissions différant un peu du modèle européen, et de sérieux soutiens au développement de la séquestration du carbone.

L'audace des deux députés ne tient pas au seul dépôt de ce projet de loi, mais surtout à son orientation:une loi sur une politique climatique permettant à l'Amérique de rester compétitive. Et pour ce faire, le marché de quotas est assez particulier. La moitié des quotas est allouée au Trésor (qui les revend aux «nécessiteux») et au ministère en charge de l'énergie, dit DOE, (qui s'en sert pour financer la séquestration), 10% au Département d'Etat pour financer l'aide aux pays en développement, 15% aux Etats de la fédération et enfin le quart restant aux entreprises. Autre nouveauté, les quotas vendus par l'Etat ne pourront excéder un prix unitaire de 25 dollars (système dit de la «soupape de sécurité»). Ce dispositif devant permettre aux Etats-Unis de stabiliser, à terme, leur bilan carbone; le tout pour un coût acceptable par la société.

Pour faire avancer le débat, les deux représentants ont demandé aux experts de l'EIA d'évaluer la performance de leur système. Le service de statistiques du DOE s'est prêté au jeu et ses résultats, publiés le 6 septembre, sont très intéressants. Sur le plan climatique, le dispositif Udall-Petri permettrait, à l'horizon 2020, de réduire de 827 millions de tonnes de CO2 les émissions yankees (et, en 2030, de plus d'un milliard de tonnes!). Par contrecoup, les prix de l'énergie augmenteraient de 6% en 2020, par rapport au scénario de l'Annual energy outlook 2006. Mais, pour les clients finaux, la facture ne devrait progresser que de 0,6%. Par rapport à ce qui était prévu, l'érosion du PIB devrait être inférieure à 0,2% en 2020. Soit une facture annuelle globale 10 fois inférieure à l'addition laissée par le passage du cyclone Katrina…




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