Etats-Unis: l’antibiorésistance continue à grimper

Le 14 février 2013 par Romain Loury
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L’antibiorésistance continue à s’étendre parmi les pathogènes alimentaires isolés sur la viande américaine, révèle le rapport du programme NARMS (National Antimicrobial Monitoring System) pour l’année 2011.

Placé sous l’égide de la Food and Drug Administration (FDA) et des Centers for Disease Control and Prevention (CDC), le programme NARMS analyse le taux de résistance des pathogènes bactériens présents sur la viande, espèce par espèce, antibiotique par antibiotique. Selon son nouveau rapport annuel, la situation ne semble pas s’améliorer. Loin de là: en 2011, 44,9% des isolats de salmonelle prélevés sur la viande de poulet étaient résistants à au moins 3 classes d’antibiotiques, contre 25,3% en 2007! Les résistances à 6 classes sont retrouvées dans 13,3% des isolats.

Même constat du côté des Campylobacter, retrouvés aussi en premier lieu chez le poulet, où la résistance de C. coli à la gentamicine, détectée pour la première fois en 2007, atteint désormais 17,7% des isolats. La multirésistance demeure toutefois rare chez Campylobacter, avec seulement 1,4% d’isolats résistants à au moins 3 classes d’antibiotiques. Des résultats peu étonnants à l’examen des chiffres de vente d’antibiotiques aux Etats-Unis, qui ont augmenté de 2,3% entre 2010 et 2011. A l’inverse de la France, qui comme le reste de l’Europe interdit l’usage de ces médicaments comme promoteurs de croissance, et où la vente d’antibiotiques a baissé de manière continue depuis 2007 (voir le JDLE).

Par ce recours abusif aux antibiotiques, c’est la santé humaine qui est directement menacée, les antibiotiques prescrits à l’homme étant souvent les mêmes que ceux utilisés dans les élevages. «Nous sommes au bord d’une catastrophe de santé publique», a réagi la sénatrice démocrate Louise Slaughter (Etat de New York) dans un communiqué. Ce qu’elle espère éviter par son PAMTA (Preservation of Antibiotics for Medical Treatment Act), une loi soutenue par plusieurs associations et sociétés médicales, qui restreindrait ces médicaments aux animaux malades. N’ayant pas été examinée à temps lors du 112e Congrès, le PAMTA devrait être de nouveau soumis au cours du 113e, qui s’est ouvert début janvier. Parmi les rares bonnes nouvelles du rapport du NARMS, la présence de salmonelles, résistantes ou sensibles, a légèrement fléchi pour la viande de volaille, passant de 13% d’échantillons contaminés en 2010 à 12% en 2010. La dinde semble aussi moins souvent touchée, de 15,3% en 2011 à 12,3% en 2010.

Si les salmonelles reculent, les Campylobacter sont en plein boom: de 38,3% des échantillons de viande de poulet en 2010, ils en ont contaminé 45,7% en 2011. Quant aux Escherichia coli, elles paraissent reculer, tout en demeurant à des niveaux très élevés: 71% de la viande de poulet, 44,8% de la viande hachée de bœuf.



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