Etats-Unis: des néonicotinoïdes retirés du marché

Le 24 mai 2019 par Romain Loury
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Le siège de l'EPA, à Washington
Le siège de l'EPA, à Washington
EPA

L’Agence américaine pour la protection de l’environnement (EPA) va retirer du marché 12 insecticides à base de néonicotinoïdes, a-t-elle annoncé lundi 20 mai. A l’origine de ce retrait, l’action en justice lancée, en 2013, par plusieurs associations américaines.

En mai 2017, la justice fédérale américaine donnait raison,contre l’EPA,à plusieurs associations de défense de l’environnement, dont le Center for Food Safety, le Center for Environmental Health, Beyond Pesticides et le Pesticide Action Network. En cause, le fait que, pour 59 produits à base de néonicotinoïdes homologués entre 2008 et 2012, l’agence, faisant fi de l’Endangered Species Act, n’avait pas évalué le risque de ces insecticides sur la faune sauvage.

Or les néonicotinoïdes, dont trois sont interdits dans l’Union européenne (imidaclopride, clothianidine et thiaméthoxame, excepté sous serre) et deux autres en France (thiaclopride et acétamipride), constituent un danger avéré pour les pollinisateurs, et sont un des facteurs de leur déclin actuel.

Des produits, pas des substances actives

En accord avec les fabricants (Bayer, Syngenta, Valent), l’EPA a annoncé lundi 20 mai, dans le Federal Register, le retrait de 12 de ces 59 produits, principalement à base de clothianidine et de thiaméthoxame. A noter que, contrairement aux interdictions européennes qui concernent les substances actives, seuls des produits commerciaux sont concernés. D’autres produits à base de clothianidine et de thiaméthoxame demeurent sur le marché américain.

Quant aux 47 autres produits, qui comptent plusieurs semences enrobées, leur sort demeure pour l’instant incertain. Le directeur du Center for Food Safety, George Kimbrell, a salué «une bataille durement gagnée et un pas crucial dans la bonne direction».

Autre obligation judiciaire, l’EPA devra évaluer l’ensemble de la classe des néonicotinoïdes au regard de l’Endangered Species Act, et donc leur impact sur les pollinisateurs. Ce qui constitue une première aux Etats-Unis, mais aussi un sacré revers pour l’EPA qui, depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison blanche, enchaîne les reculs, concernant aussi bien la pollution de l’air, les émissions de mercure par les centrales à charbon ou les contaminants chimiques.



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