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Etats-Unis: de nouvelles normes d’ozone contestées

Le 14 mars 2008 par Agnès Ginestet
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Alors que l’Agence de protection de l’environnement (EPA) se félicite d’avoir modifié la valeur limite du polluant en vigueur, des associations estiment cet effort très insuffisant.

75 parties par milliard (ppb). C'est la nouvelle norme d'ozone au sol, correspondant à la concentration limite moyenne pendant 8 heures, en vigueur aux Etats-Unis. La précédente était de 80 ppb. Ce polluant, qui contribue au «smog» observé dans de nombreuses villes, est formé par réaction à partir de précurseurs comme les oxydes d'azote (NOx) émis par les véhicules, et a un impact avéré sur la santé. «Bien que les normes pour lesquelles j'ai signé aujourd'hui soient strictes, nous devons moderniser et améliorer le Clean air act (1) pour être sûrs que les annonces faites sur le papier se traduisent par un air plus propre», a déclaré l'administrateur de l'Agence pour l'environnement (EPA) Stephen L. Johnson le 12 mars.

D'après un article du Washington Post, l'avis de certains experts de l'EPA n'a pas été suivi. Le comité consultatif scientifique pour un air propre (Casac), dans une lettre publiée en mars 2007, avait souligné la nécessité d'abaisser la norme d'ozone en vigueur jusqu'à 70 ppb. Le comité consultatif pour la protection de la santé des enfants (CHPAC) avait, quant à lui, demandé en avril 2007 à Stephen L. Johnson d'abaisser la norme à 60 ppb, un niveau nécessaire pour protéger les poumons des enfants. A titre de comparaison, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande une valeur guide de 51 ppb sur une moyenne de 8 heures.

Des associations estiment donc que la norme retenue par l'EPA est insuffisante. Selon John Walke, directeur du programme air propre de National resources defense council (NRDC), ONG spécialisée dans la protection de l'environnement, elle est «comparable à une baisse de limitation de vitesse de 85 miles par heure à 75 (d'environ 137 à 121 kilomètres par heure, ndlr) dans un quartier d'habitations. C'est mieux, c'est sûr, mais cela ne permet d'assurer la sécurité des gens». Pour l'ONG, cet abaissement de la norme d'ozone n'aura pas d'impact important en matière d'amélioration de la santé, en particulier chez les personnes sensibles comme les enfants et les personnes âgées.

Un autre élément vient de provoquer des réactions aux Etats-Unis: en 2001, la Cour suprême avait annoncé que le gouvernement américain devait, pour définir les normes d'ozone, se baser uniquement sur la protection de la santé publique, sans tenir compte des coûts impliqués. Mais Stephen L. Johnson a indiqué le 12 mars que s'il souhaite pousser le Congrès à réécrire le Clean air act, c'est pour permettre aux décideurs de modifier les normes en tenant compte du coût et de la faisabilité du contrôle de la pollution. Une annonce que la sénatrice responsable de la commission environnement et travaux publics, Barabara Boxer, considère comme «outrancière», car les normes seraient ainsi fondées sur les intérêts des pollueurs, et non des considérations scientifiques, comme le souhaiterait le NRDC, qui qualifie de «cynique et profondément irresponsable» le fait que Stephen L. Johnson ait parlé de considérations économiques.



(1) Le Clean air act est la réglementation américaine qui règlemente la pollution de l'air




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