Etats-Unis: de coûteuses intoxications alimentaires

Le 04 mai 2011 par Romain Loury
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Les 14 pathogènes alimentaires les plus fréquents coûtent chaque année 14,1 milliards de dollars (9,45 milliards d’euros) aux Etats-Unis, salmonelles en tête, selon un rapport publié par l’Emerging Pathogens Institute (EIP) de l’université de Floride.
Menée sur la base de données du Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC, selon l’acronyme anglais), cette étude confirme la première place des salmonelloses dans ce classement, en termes d’hospitalisation (19.336 par an), de décès (378) et de coûts de santé (3,31 milliards $ -2,21 milliards €).
A eux seuls, les 5 premiers pathogènes[1] sont responsables de 91% des dépenses consacrées aux intoxications alimentaires, et de 90% du coût humain[2].
 
Au-delà des simples pathogènes, les chercheurs se sont penchés sur leur source alimentaire[3]: d’un coût annuel de 1,26 milliard $ (0,84 milliard €), c’est l‘association volaille-campylobactériose qui remporte la palme, devant la toxoplasmose liée au porc et la listériose causée par la charcuterie. Egalement source de listériose, la volaille constitue ainsi l’aliment le plus coûteux, en termes financiers et sanitaires.
 
Alors qu’une réforme majeure de la sécurité alimentaire, le Food Safety Modernization Act (FSMA, selon l’acronyme anglais) a été lancée début janvier par Barack Obama, les chercheurs estiment qu’il ne s’agit «que d’un premier pas pour atteindre à long terme un système basé sur la science et sur la gestion des risques».
 
Chargés de la sécurité alimentaire, la Food and Drug Administration (FDA) et le département d’Etat chargé de l’agriculture (USDA) travaillent de manière «morcelée», ne réagissant trop souvent qu’«à la contamination du jour», estiment-ils. Cette approche serait particulièrement inefficace pour les salmonelles, présentes dans plusieurs types d’aliments, et qui devraient faire l’objet d’une «initiative conjointe» des deux organismes.
 
Cette étude ne constitue pas la première tentative de chiffrage financier des infections alimentaires aux Etats-Unis, sujet à de larges variations selon les auteurs. Avant celle-ci, une étude de l’USDA avait estimé les coûts annuels à 6,9 milliards $ (4,62 milliards €) (pour seulement 5 pathogènes), très en deçà des 152 milliards $ (101,9 milliards €) avancés lors de travaux publiés en 2009 par l’université de l’Ohio.


[1]dans l’ordre: Salmonella spp., Toxoplasma gondii, Listeria monocytogenes, Campylobacter spp. et norovirus
[2] Le coût humain en termes de santé s’exprime en «années de vie ajustées par sa qualité» (QALY en anglais), une mesure intégrant la maladie et la mortalité. Quant au coût financier, il comprend la prise en charge médicale et la perte de temps de travail.
[3]Ils’agitdupremierclassementcompletdresséauxEtats-Unissurlesassociationspathogène-aliment.
 


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