Etats-Unis: coup dur pour la recherche en santé/environnement

Le 15 décembre 2014 par Romain Loury
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Le siège des NIH, à Bethesda (Maryland)
Le siège des NIH, à Bethesda (Maryland)
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En charge de la recherche médicale, les National Institutes of Health (NIH) ont définitivement abandonné le projet NCS (National Children’s Study), grande étude épidémiologique sur la santé environnementale des enfants, en raison de problèmes de budget et d’organisation.

C’est en 2000, sous la présidence de Bill Clinton, que l’idée a été lancée: la NCS devait suivre environ 100.000 enfants de leur naissance jusqu’à leurs 21 ans, afin de mieux comprendre l’origine des inégalités de santé. Entre autres objectifs, cerner l’origine environnementale de plusieurs maladies en forte hausse, dont l’autisme, le trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH), l’asthme.

Or après une étude pilote portant sur près de 5.700 enfants, et près de 1,2 milliard de dollars engloutis, le projet vient tout simplement d’être abandonné, ainsi que l’a annoncé vendredi 12 décembre Francis Collins, directeur des NIH devant son comité consultatif.

En cause, d’importantes failles budgétaires et organisationnelles, pointées en juin par un rapport très sévère du Conseil national de la recherche (NRC). Bien au-delà des 3 milliards de dollars prévus en 2000, l’étude, d’une durée de 25 ans, aurait au final coûté le double, y estimait le rapport.

Un protocole à la va-vite

Le recrutement des enfants, au porte-à-porte, s’avérait par ailleurs des plus fastidieux. Et l’Institut national de la santé de l’enfant et du développement humain (NICHD), en charge de l’étude, a été très critiqué pour ne pas avoir suffisamment consulté les scientifiques experts du sujet.

Attaqué tout au long des années 2000 sous la présidence de George W. Bush, le projet NCS ne verra donc jamais le jour. Interrogé par la revue Nature, Francis Collins tente de maintenir le contraire, affirmant que l’étude redémarrera sous une autre forme. Toute collecte de données a pourtant été interrompue, et les 40 centres NCS ont été mis à l’arrêt.

Pour Marie Lynn Miranda, chercheuse en santé environnementale à l’université du Michigan à Ann Arbor, il n’est même pas évident que la coûteuse étude pilote ait servi à grand-chose. Selon elle, «l’étude ne disposait pas d’une méthode standard pour le recrutement des familles et pour d’autres étapes clés, il sera dès lors difficile d’analyser les données recueillies», explique Nature.



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