Etats-Unis: Brooklyn oublié après le 11 septembre 2001

Le 02 mai 2007 par Agnès Ginestet
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Dans un article du 24 avril, le New York Times parle de l’appel lancé à l’Agence de protection de l’environnement (EPA) afin de prendre en compte les problèmes de santé des habitants de Brooklyn, apparus ou aggravés suite au nuage de poussière généré par la destruction des tours du World trade center.

Experts du domaine de la santé, défenseurs de l'environnement et politiques se sont réunis dans la semaine du 23 avril à Brooklyn pour une audition du Congrès. Leur but: faire comprendre à l'EPA que de nombreuses personnes ont subi les conséquences des attentats et ce, à plusieurs kilomètres de Manhattan. Selon le New York Times, Jerrold L. Nadler, membre du Congrès représentant une partie de Brooklyn et de Manhattan, a parlé de «seconde dissimulation» de la part de l'EPA. «Des gens de Manhattan, Brooklyn, Jersey city et du Queens sont encore empoisonnés tous les jours», a-t-il déclaré. Selon lui, la première dissimulation de l'agence fédérale s'est produite lorsqu'elle a annoncé que l'air respiré par les personnes ayant travaillé sur le site de Ground zero était sain après le 11 septembre 2001 (1).

L'agence fédérale a alors payé pour le nettoyage des habitations les plus proches de Ground zero. En 2005, il a été question d'étendre le périmètre de la zone de nettoyage, incluant notamment l'ouest de Brooklyn. Mais le projet a finalement été abandonné. Interrogé par le New York Times, un porte-parole de l'EPA a déclaré: «Alors que nous avions de nombreuses données indiquant qu'il y avait certainement eu de la poussière à Brooklyn, nous nous sommes focalisés sur notre programme plus proche de Ground zero. […] L'agence a priorisé les tests et les nettoyages nécessaires».

Une enquête menée en 2003 par l'EPA avait montré qu'environ un quart des habitants de Brooklyn avaient déclaré que leur maison avait été contaminée par de la poussière ou des débris dus aux attaques du 11 septembre 2001. Une enquête réalisée par l'association environnementale le Sierra Club a abouti à des résultats similaires dans d'autres zones situées au sud-est du pont de Brooklyn (qui relie Manhattan à Brooklyn).

Brooklyn a cependant souffert de disparités en termes de moyens financiers pour faire face aux problèmes de santé liés au 11 septembre 2001. Le département fédéral des services de santé n'aurait en effet alloué que 5,5 millions de dollars (4 millions d'euros) sur un total de 140 millions (103 millions d'euros) pour les organisations de soins médicaux de cette zone. Selon la présidente du Conseil de Brooklyn, cela représente 4 millions de moins que le Bronx, qui n'était pas sur la trajectoire du principal panache de fumée. Une étude menée en 2002 en partie par le State department of health's office of managed care montrait que les habitants de l'ouest de Brooklyn souffrant d'asthme avant le 11 septembre 2001 se plaignaient 2,4 fois plus d'asthme aggravé que les asthmatiques du reste de la ville après cette date. 1,5 fois plus se sont rendus à l'hôpital pour ce type de problèmes.

Le 8 mars, Jerrold L. Nadler a obtenu l'introduction du «9/11 Heroes Health Improvement Act of 2007». Il vise à ce que l'Etat fédéral fournisse plus de 1,9 milliard de dollars (1,4 milliard d'euros) pour financer des institutions impliquées dans l'évaluation et le traitement des problèmes de santé survenus après le 11 septembre.





 (1) Voir l'article du JDLE: «La pollution liée au 11 septembre inquiète»






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