Etats-Unis: Big Soda sait se faire aimer

Le 27 mars 2013 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Coca-Cola a arrosé la NAACP
Coca-Cola a arrosé la NAACP

Les industriels du soda se montrent experts en matière de «philanthropie intéressée», raison pour laquelle ils n’ont aucune peine à dénicher des soutiens lorsqu’il s’agit de défendre leurs produits, déplore une association américaine de consommateurs.

Dernier exemple en date, la décision rendue le 11 mars par la Cour suprême de New York, bloquant in extremis l’interdiction de la vente de sodas géants dans la ville (voir le JDLE). Menés par l’American Beverage Association (ABA), les 8 plaignants ont bénéficié d’un soutien de poids, celui de deux associations d’aide aux minorités, la NAACP (association nationale pour l’avancement des gens de couleur) et la Fédération hispanique.

Principale raison avancée dans leur courrier de soutien, dont le New York Times affirme qu’il aurait été rédigé par le cabinet d’avocats auquel recourt Coca-Cola: cette mesure constituerait «une discrimination arbitraire» contre les propriétaires de petits commerces, dont nombreux sont noirs ou latinos. Pourtant, ces deux communautés sont les plus durement touchées par l’obésité.

S’il a de quoi étonner, ce renfort n’est que le résultat logique d’une politique de philanthropie particulièrement habile de l’industrie du soda, juge le Center for Science in the Public Interest (CSPI), qui vient de publier un rapport à ce sujet. Depuis 1986, la NAACP aurait reçu «au moins 2,1 millions de dollars (1,6 million d’euros)» de dons de la part de Coca-Cola. Même constat pour la Fédération hispanique, dont un ancien président est devenu en 2012 le directeur des affaires hispaniques de Coca-Cola.

Côté subventions, ces compagnies ventilent large, bien au-delà des minorités ethniques. Autres cibles, les associations médicales, soigneusement choisies: le CSPI évoque ainsi une subvention de 1 M€ en 2003 à l’académie américaine de dentisterie pédiatrique, accusée par le CSPI d’avoir lissé ses déclarations quant à l’impact des sodas sur les caries.

Egalement visées par cette philanthropie, les municipalités, afin notamment d’empêcher la mise en place de taxes locales sur les sodas, comme l’ont fait certaines. Très persuasifs, ces soutiens financiers peuvent aussi déboucher sur de beaux sentiments, comme à Miami Beach (Floride), Dayton (Ohio), Ocean City (Maryland), qui ont signé des accords faisant de Coca-Cola leur «boisson officielle».

«Les fabricants de boissons sucrées font des dons afin de nettoyer leur mauvaise réputation. Ils le font pour amoindrir, voire réduire au silence, toute critique potentielle. Mais avant tout, ils donnent pour que, lorsqu’ils sont attaqués, ils puissent instantanément mobiliser une armée reprenant leurs arguments anti-santé», juge le directeur exécutif du CSPI, Michael Jacobson, dans un communiqué.

Pour l’association, cette politique de l’industrie «Big Soda » n’est pas sans rappeler celle de «Big Tobacco» dans les années 1980, lorsque la NAACP s’était opposée, aux côtés des industriels du tabac, à la mise en place d’espaces fumeurs et non-fumeurs dans les lieux publics.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus