Etat des lieux de la méthanisation en France

Le 29 juin 2011 par Geneviève De Lacour
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L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) publie un état des lieux de la méthanisation en France. Elle rappelle que la méthanisation puise ses ressources au niveau des centres d’enfouissement techniques, des boues de station d’épuration, et enfin des déchets organiques agricoles, industriels et ménagers. Cette technique est utilisée depuis plus d’un siècle pour traiter les boues de stations d’épuration, depuis les années 1940 pour les déjections animales, depuis les années 1970 pour les effluents industriels et depuis une vingtaine d’années pour les ordures ménagères.
 
Le bras séculier du ministère de l’écologie a recensé 481 installations de production et de captage de biogaz en France en 2008, dont 180 installations de méthanisation pour 1.300 mètres cubes de biogaz -90% de ces dernières installations se situant dans les secteurs industriels et de l’épuration urbaine-; 301 installations de stockage de déchets non dangereux (ISDND) recensées, dont 201 déclaraient capter le biogaz et 65 le valoriser; 12 installations dans le secteur agricole en 2008 et une vingtaine en 2010; et enfin 6 installations, pour la plupart récentes, dans le secteur des déchets ménagers en 2010.
 
Le montant des investissements en 2008 pour la construction d’unités de méthanisation a été estimé entre 60 et 100 millions d’euros, auquel le secteur des ordures ménagères a très fortement contribué. Compte tenu du nombre restreint d’installations en fonctionnement dans ce secteur (6 au total en 2010), «ceci reflète non seulement l’importance des moyens que requiert le développement des projets, mais également le dynamisme de ce secteur», précise le document de l’Ademe.
 
Les installations de méthanisation se situent en majorité au niveau des stations d’épuration urbaines et des industries, mais le secteurs agricole et celui des déchets sont les plus dynamiques et les plus récents. «Cela laisse présager un développement accéléré dans les prochaines années, avec toutefois des modèles de développement différents.»
 
Le secteur des ordures ménagères est un secteur très concentré, sur lequel peu d’acteurs sont positionnés. Le secteur agricole, en revanche, est atomisé, avec une multitude d’acteurs, et il se caractérise par une taille moyenne d’installation, certaines pouvant être très réduites (quelques dizaines de kilowatts électriques installés).
 
Enfin, «on voit se développer sur ce marché un type d’installations encore peu représenté: la méthanisation territoriale ou centralisée»: des installations qui mutualisent les déchets de différents secteurs du territoire sur un site centralisé ou sur celui de l’un des producteurs de déchets.
 
Qu’en est-il dans les pays voisins? «On constate une influence évidente des aides mises en place sur le dynamisme de la filière et, en fonction de leur nature, sur les voies de valorisation les plus développées.» En Suède, par exemple, le biométhane carburant connaît un développement important en raison de nombreux systèmes d’incitation à cette valorisation: exonération de la taxe CO2, prime à l’achat de véhicules fonctionnant au biocarburant, etc.
 
Selon les perspectives de l’Ademe, la tendance va vers une diminution de la part de biogaz non valorisé, en particulier dans les installations de stockage de déchets non dangereux. En effet, la part de biogaz torché, qui est de l'ordre de 50% aujourd'hui, «pourrait baisser significativement dans les 5 à 10 ans au profit d'une augmentation progressive et linéaire de la part du biogaz valorisé», précise le rapport de l’Agence.
 
Quant à la part de biogaz valorisé sous forme de cogénération, «elle devrait être en nette augmentation. Les technologies mises en œuvre étant complètement matures, cette valorisation restera donc prépondérante».
 
Récemment, la France a vu apparaître l’injection de biogaz dans le réseau de gaz naturel. Tous les secteurs peuvent y prétendre, exception faite aujourd’hui pour les gaz de stations d’épuration pour lesquels l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l' environnement et du travail (Anses) ne s’est pas encore prononcée. En 2020, la production annuelle de biométhane pourrait atteindre 175 gigawattheures, soit environ 15% de l’énergie primaire produite.
 
Enfin, en matière de valorisation carburant, on ne compte, en 2010, que deux installations en France. Et selon l’Ademe, cette «valorisation pourrait émerger avec le développement du biométhane et des techniques d’épuration qui seront nécessaires à l’injection».


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