Etat des lieux de l’incinération en France

Le 13 décembre 2011 par Stéphanie Senet
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Dans un rapport publié le 12 décembre, l’association Amorce décrypte l’évolution de la valorisation énergétique des ordures ménagères.
 
L’incinération vise la minéralisation des déchets par combustion. La chaleur récupérée peut être utilisée sous forme de vapeur, pour alimenter un réseau de chauffage urbain (chauffage ou eau chaude), ou transformée en électricité par un turboalternateur.
 
En termes de ratio, les déchets de 7 familles suffisent à assurer le chauffage et l’eau chaude d’une famille. En revanche, pour satisfaire aux besoins en électricité d’un foyer moyen, il faut utiliser l’énergie dégagée par la combustion des résidus de 10 familles.
 
D’après la directive européenne du 27 septembre 2001, seule la «fraction biodégradable» des déchets est définie comme «renouvelable», ce qui représente environ la moitié de l’énergie produite par l’incinération des ordures ménagères, selon Eurostat.
 
Dans son enquête (1), Amorce pointe le développement de la valorisation énergétique en France: hausse du pouvoir calorifique du déchet de 1.600 kilowattheures par tonne (kWh/t) en 1980 à près de 2.000 kWh/t en 2008, augmentation des unités d’incinération d’ordures ménagères (UIOM) valorisant l’énergie (44% d’entre elles en 1980 contre 83% en 2008).
 
En 2009, la France compte 112 installations assurant une valorisation énergétique (54 pour l’électricité, 30 pour la valorisation thermique et 28 en cogénération). Cela représente une production électrique de 3.960 gigawattheures (GWh) -soit environ 800 éoliennes de 2 mégawatts (MW)- et une production thermique de 8.000 GWh.
 
Depuis 2008, EDF n’achète plus l’électricité produite par certaines unités de valorisation énergétique (UVE), les contrats d’achat étant arrivés à échéance. Ceci incite les collectivités à vendre leur électricité sur le marché libre. En termes de perspectives, la vente de chaleur intéresse également de plus en plus de maîtres d’ouvrage, en raison du développement des réseaux urbains en France.
 
Au niveau financier, l’incinération reste bien sûr plus chère que le stockage. Son coût technique médian s’élève à 94 euros par tonne (hors coûts de collecte) contre 64 €/t pour l’enfouissement. Mais la vente d’énergie génère des recettes qu’Amorce évalue entre 5 et 38 € par tonne de déchets.
 
Enfin, si le stockage a tendance à baisser (il représente encore 44% des déchets selon l’enquête Itom 2008), l’incinération se maintient à un niveau stable (29% des déchets dont près de 28% avec valorisation énergétique). Selon l’un des objectifs du Grenelle II, la France doit pourtant réduire de 15% d’ici 2012 ses volumes incinérés ou mis en décharge.
 
(1) L’enquête se base sur 60 questionnaires renvoyés par des collectivités.
 


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