Et si le fond de pension de San Francisco se décarbonait?

Le 26 avril 2013 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La baie de San Francisco, menacée par la montrée des eaux.
La baie de San Francisco, menacée par la montrée des eaux.
DR

Le conseil de surveillance de San Francisco –c’est-à-dire l’organe législatif de la ville- a adopté à l’unanimité une résolution enjoignant les gestionnaires des pensions de retraite des employés de la ville à reprendre les quelque 580 millions de dollars investis chez les plus gros producteurs d’énergie fossile. Cette proposition pousse à ce que d’ici 5 ans, les retraités californiens du secteur public n’aient plus un ‘dime’ d’investi chez l’un des 200 plus gros producteurs d’énergie fossiles du monde et cessent d’investir dès maintenant dans ce secteur. Les fonds de pension de la ville -soit16 milliards de $- possèdent pour 112 millions de $ d’actions ExxonMobil, pour 60 millions de $ d’action Chevron, 26 millions de $ d’actions Shell, 17 millions de $ d’Occidental Petroleum et 11 millions de $ d’actions de la China National Offshore Oil Corporation.

 

Le conseil de surveillance fonde sa démarche sur un rapport du Postdam Institute [JDLE], sur les préconisations du GIECC, sur les risques encourus par la ville de San Francisco en raison de la montée des eaux –synthétisés dans le rapport «Living with a rising bay»- ou encore sur le protocole de Copenhague de 2009. Il cite également le rapport «Unburnable Carbon» -soutenu par HSBC, Citi, Standard & Poor's et l’agence international de l’énergie- qui constate que si les réserves prouvées détenues par les compagnies pétrolières étaient brûlées, elle relâcheraient 2.795 gigatonnes de CO2, soit 5 fois la quantité de ce qui peut être émis pour ne pas dépasser les 2 degrés auxquels les Etats tentent péniblement de limiter le réchauffement climatique en cours. Il cite également le rapport «Oil and carbon revisited», rédigé par le HSNC Research Global, qui considère que si les législateurs du monde entier veulent se conformer aux engagements climatiques, seul un tiers des réserves fossiles pourra être brûlé d’ici 2050, ce qui entraînera de facto la dépréciation de 40 à 60% des actifs des pétroliers.

 

Autant de considérations qui fondent la préconisation du conseil de surveillance de San Francisco, animé tout à la fois par des craintes pour la santé publique et le climat, mais aussi pour les finances des retraités. «En se retirant du financement des producteurs d’énergie fossile, le conseil de retraite engendrera un retour sur investissement moindre», reconnaît le conseil de surveillance. «Et nous pensons que ce désinvestissement est acceptable pour tous les salariés et retraités qui sont concernés par la performance du système de retraite.» Ce vote a été applaudi par le militant écologiste Bill McKibben: «cette zone de la baie de San Francisco va investir des milliards pour s’adapter au changement climatique… cela n’aurait aucun sens d’investir, dans le même temps, dans des entreprises qui créent cette situation».

 

Ithaca, New York et Seattle ont déjà pris des initiatives similaires. Et ce vote –pour l’heure symbolique- s’il devait trouver un écho auprès des gestionnaires des fonds de pension ou des retraités eux-mêmes, aurait un effet importance: il s’agit du fond de pension le plus important de tous les Etats-Unis.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus