Et revoilà le trou d’ozone arctique

Le 06 avril 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Plus c'est bleu, moins il y a d'ozone.
Plus c'est bleu, moins il y a d'ozone.
Nasa

En ce début du printemps, il s’étale sur plus de 6 millions de km2.

Lorsqu’on évoque le mitage de la couche d’ozone stratosphérique, les regards se tournent tout naturellement vers l’Antarctique. Chaque année, durant l’hiver austral (notre été boréal) les très basses températures régnant dans la haute atmosphère[1]conjuguées à l’action de molécules de synthèse — comme les CFC — détruisent une partie de l’ozone de la stratosphère. Certaines années, le «trou» dans la couche d’ozone antarctique peut s’étendre sur plus de 20 millions de km2. 

gare au froid

Contrairement à son petit frère de la troposphère, l’ozone de haute altitude a une fonction positive, en filtrant les rayons UV du solaire.

Avec la baisse des émissions des gaz grignoteurs de l’ozone, le trou antarctique tend à se réduire chaque hiver un peu plus. Même si le rythme de cette résorption est ralenti par des rejets clandestins d’usines chinoises de CFC-11.

Découvert dans les années 1990, le trou d’ozone de l’Arctique est bien moins imposant que son cousin austral. Selon les années, la raréfaction des molécules d’ozone peut s’observer sur une surface de 1 à 2 millions de km2.

record battu

L’ampleur de ce phénomène est notamment tributaire des températures. Sous l’effet du froid intense, les oxydes d’azote et le chlore (issu de la destruction des CFC par les rayons ultra-violets), disloquent les molécules d’ozone. Plus il fait froid, plus les polluants sont actifs.

Or, cet hiver, le vortex arctique (zone circulaire de basses pressions) a créé des conditions propices à la formation de véritables vagues de froid fatales aux molécules d’ozone. On n’a jamais relevé d’aussi basses températures dans la stratosphère du pôle nord depuis 1979, année des premières relevés de température, estime Markus Rex, de l’Alfred Wegener Institute de Postfam. Selon l’agence spatiale allemande (DLR), le trou arctique s’étalerait sur plus de 6 millions de km2: un record.

Il pourrait néanmoins se refermer assez vite, avec l’élévation des températures que devrait apporter le printemps.



[1]Parfois inférieures à - 80 °C.