Et le climat découvrit l’océan

Le 16 novembre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
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Les destins du climat et de l'océan sont désormais liés.
Les destins du climat et de l'océan sont désormais liés.
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La présidence de la COP 23 propose d’intégrer les espaces marins dans les politiques climatiques nationales. Une bonne façon de créer des synergies environnementales.

 

Jusqu’à présent, les mondes de la mer et du climat s’ignoraient. Incroyable, si l’on songe que le réchauffement perturbe grandement la vie marine et les courants. Insensé si l’on garde à l’esprit qu’en absorbant près de 9 milliards de tonnes de CO2 par an, l’océan est l’un des premiers puits de carbone de la planète. «La situation a changé lors de la COP 21, lorsque les spécialistes de ces deux mondes se sont rendu compte de l’inefficacité environnementale qu’il y avait à s’ignorer», souligne le consultant Rémi Parmentier, un ancien dirigeant de Greenpeace.

Premier effet de cette tardive prise de conscience: la commande faite au Giec[1] d’un rapport spécial sur les conséquences du réchauffement pour les océans et la cryosphère. Officiellement lancée en mars dernier, l’étude sera publiée à l’automne 2019.

Objectif de développement durable

Autre demande de nombreuses ONG et de coalitions gouvernementales (comme Because the Ocean): l’intégration des océans dans les politiques climatiques nationales, les fameuses NDC. «Cela avait du sens, poursuit Rémi Parmentier, car cela rejoint le 14e objectif de développement durable.[2] L’inclusion de l’océan dans les NDC permet, en protégeant plus efficacement les milieux marins, de renforcer l’effet des politiques climatiques

Porté par Monaco, les Fidji, la Suède ou le Chili, l’idée a rapidement fait son chemin. Dans la matinée de jeudi, la présidence de la COP 23 a fini par publier The Ocean Pathway (un chemin pour l’océan) : embryon de stratégie visant à intégrer enfin les problématiques marines dans les NDC.

Intégrer d’autres thématiques

Reprenant l’appel lancé en juin dernier lors de la conférence onusienne sur les océans, le texte approuvé aujourd’hui souligne les liens existant entre le monde du silence et les changements climatiques. L’ONU appelle aussi les parties à la convention Climat à renforcer la protection des espaces marins, dont la contribution à la stabilisation des émissions est importante.

En parallèle, un appel est lancé pour ramener au bercail climatique d’autres conventions, comme celle sur la biodiversité ou la protection des zones humides (Ramsar).

Plus concrètement, l’inclusion de l’océan dans les politiques climatiques devrait permettre d’accélérer les discussions sur la régulation des émissions de gaz à effet de serre du transport maritime. Un sujet important[3]que l’Organisation maritime mondiale (OMM) peine à faire avancer.



[1] Giec: Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

[2]   : Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable.

[3] La flotte de commerce mondiale émet environ 3 % des GES d’origine anthropique.

 



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