Essais nucléaires français: 98,5% de refus d’indemnisation

Le 03 octobre 2011 par Geneviève De Lacour
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Deux accords sur 129 dossiers. Le bilan n’est pas encourageant pour les victimes d'irradiations dues aux essais nucléaires français.

«Sur 129 dossiers déposés auprès de la commission d'indemnisation, il y a eu 127 refus», a déclaré vendredi 30 septembre au cours d'un point de presse Michel Verger, fondateur et président honoraire de l'Association des vétérans des essais nucléaires (Aven), qui a tenu son assemblée générale le week-end dernier à Lille.

«La loi du 5 janvier 2010, dite loi Morin, sur l'indemnisation des victimes des essais nucléaires a été une porte ouverte et nous a redonné espoir, mais son décret d'application de juin 2010 l'a totalement vidée de son sens, en déclarant que le lien de causalité entre les maladies dont souffrent les vétérans et les essais nucléaires était négligeable», s'est insurgé le président de l’Aven.

Ainsi, suite aux modifications apportées par le décret d'application, seulement 260 dossiers de victimes, sur les 597 actuellement chez l'avocat de l'association, peuvent désormais prétendre à indemnisation.

Par ailleurs, «cette loi ne recense que 18 maladies comme directement liées aux essais nucléaires, et néglige totalement les maladies cardio-vasculaires, qui sont pourtant parmi les affections les plus nombreuses dont souffrent les vétérans», souligne Arlette Dellac, secrétaire de l'association.

«Cette loi était faite pour nous faire taire, nous donner un os à ronger. Le décret d'application nous a trahis, mais nous ne désarmerons pas. Le combat continue», déclare Arlette Dellac, en réclamant une modification de la loi par décret.

«Il faut également que soient inclus dans cette loi les veuves et les enfants des irradiés, qui subissent tous les jours les conséquences de ces essais nucléaires, soit parce qu'ils ont perdu un mari ou un père, soit parce qu'ils sont eux-mêmes malades», ajoute-t-elle.

Selon l'Aven, près de 150.000 personnes, militaires et civils, sont touchées par les conséquences des 210 essais nucléaires français, menés pendant 30 ans, principalement dans le Sahara et en Polynésie française. Une quarantaine de décès par an sont liés aux irradiations, affirme l’association.

 
 


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