Essais nucléaires en Polynésie: légère hausse du risque de cancer de la thyroïde

Le 21 septembre 2010 par Sabine Casalonga
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Une étude française[1] publiée dans le British Journal of Cancer montre une légère augmentation du risque de cancer de la thyroïde chez les habitants de la Polynésie française qui ont été exposés aux retombées radioactives des essais nucléaires.

Entre 1966 et 1974, la France a conduit 41 essais nucléaires atmosphériques dans les atolls de Mururoa et Fangataufa, dont les effets potentiels sur la santé n’avaient pas encore été étudiés.

Florent de Vathaire, directeur de recherche à l’Inserm et à l’Institut Gustave Roussy et son équipe, ont comparé les doses d’irradiation reçues chez 229 Polynésiens diagnostiqués pour un cancer de la thyroïde entre 1981 et 2003, et chez 373 Polynésiens témoins non atteints de ce cancer. L’exposition aux rayonnements a été estimée en utilisant des données météorologiques, les mesures officielles réalisées après les essais nucléaires et communiquées par la France aux Nations Unies, l’âge au moment de chaque essai, les informations sur les lieux de résidence et les habitudes alimentaires.

La dose moyenne d’irradiation reçue avant l’âge de 15 ans était d’environ 1,8 milligray (mGy). Mais 5% des personnes atteintes de cancer de la thyroïde et 3% des témoins ont reçu des doses supérieures à 10 mGy.

L’étude conclut que le risque de cancer de la thyroïde semble légèrement accru proprotionnellement à la dose d’irradiation reçue suite aux essais nucléaires, avant l’âge de 15 ans. Cette augmentation de risque était plus élevée chez les femmes qui ont eu, après leur exposition,au moins quatre grossesses, que chez les autres femmes. 

« Au total, sur les 229 cas étudiés, une dizaine de cancers de la thyroïde diagnostiqués avant 2003, sont attribuables aux retombées des essais nucléaires et une autre dizaine de cas pourraient apparaître dans le futur », indique l’Inserm dans son communiqué. Les autres cancers de la thyroïde, particulièrement nombreux en Polynésie française, ont été expliqués par d’autres facteurs, notamment l’obésité qui serait à l’origine de plus de 50% des cas.

« L'estimation du risque attribuable aux essais nucléaire est faible, mais elle est basée sur des données limitées concernant l'exposition », expliquent les auteurs qui appellent au déclassement des données sur les expositions aux radiations après les essais, ce qui permettrait d’améliorer la fiabilité de l'estimation du risque. Florent de Vathaire, avait déjà lancé un appel similaire en 2006[2].

L’étude épidémiologique Sépia, publiée le 9 août sur le site du ministère de la défense, concluait à l’absence de surmortalité chez les vétérans des essais nucléaires dans le Pacifique par rapport à la population française [voir le JDLE]

 

 

 

 

 

 



[1] “Thyroid cancer following nuclear tests in French Polynesia” de Vathaire F et al., British Journal of Cancer, (publié en ligne le 31 août 2010)

 

[2] Dans le JDLE « Essais nucléaires: la position de l'armée mise à mal » (3 août 2006)

 



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