Espèces protégées: un trafic florissant sur internet

Le 08 mars 2016 par Marine Jobert
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Tortue à soc, endémique de Madagascar.
Tortue à soc, endémique de Madagascar.

Oiseaux, reptiles et mammifères protégés sont en vente sans entrave sur internet. Ce commerce illégal est difficile à mettre à jour et quasiment impossible à contenir.

Sans surprise, le commerce d’animaux sauvages a pris ses quartiers sur internet. Des transactions forcément discrètes, effectuées loin des regards et qu’il est difficile de quantifier. Incapable de suivre tout le flot des échanges, Traffic s’est focalisé sur l’exemple malaisien, où 80% des utilisateurs d’internet sont inscrits sur Facebook. L’ONG, issue d’un mariage entre le WWE et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), a discrètement espionné les activités de 14 groupes dédiés au commerce d’animaux sauvages, regroupant 70.000 membres. Dans ces groupes à l’accès restreint, on converse sans fard, en dédaignant les noms de code et les périphrases: aucune équivoque n’est possible quant à la nature de la marchandise ou son caractère illégal.

Tortue à soc

Sur les quelque 380 animaux de 80 espèces différentes proposés en ligne, 44% étaient des oiseaux, 34% des reptiles et 22% des mammifères. La moitié de ces animaux, vendus vivants et décrits comme «apprivoisés», étaient interdits à la vente. 86% d’entre eux étaient couverts par une disposition de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (Cites) -commerce réglementé ou interdit. Quatre d’entre eux étaient, par exemple, en danger critique d’extinction, comme la tortue à soc, une espèce de tortue terrestre endémique de Madagascar, où ne survivraient que quelques centaines de spécimens.

Espèces locales

Même des animaux intégralement protégés sur le territoire de la péninsule peuvent atterrir sur internet. Ainsi de l’ours malais, du loris lent, du gibbon à mains blanches ou de la loutre à pelage lisse, dont les enquêteurs de Traffic ont retrouvé la trace sur Facebook. Un état de fait particulièrement inquiétant, car la demande en animaux sauvages ‘locaux’ était jusqu’à présent proche de zéro, faute d’un lieu physique où commercer. Les marchés virtuels, en facilitant les rencontres et les transactions sur les réseaux sociaux, aiguisent les appétits. L’échelle et la nature même de ce ‘trafic 2.0’ minent les méthodes jusqu’ici employées pour tenter d’endiguer ces trafics illégaux. Traffic plaide pour une coopération accrue, notamment avec les plates-formes comme Facebook. Ce dernier n’a pu que confirmer l’interdiction d’un tel commerce et son intention de supprimer toute activité en lien avec le trafic d’espèces en danger.



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