Espèces profondes: des quotas encore favorables à la surpêche

Le 15 novembre 2016 par Stéphanie Senet
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Jusqu'ici fixé à zéro, un quota "scientifique" vise désormais les requins des grands fonds
Jusqu'ici fixé à zéro, un quota "scientifique" vise désormais les requins des grands fonds

Si le conseil des ministres européens de la pêche a légèrement baissé le total admissible de capture (TAC) des espèces profondes, il ne les protège pas pour autant de la surpêche, au grand dam des associations.

 

L’accord sur les TAC et les quotas de pêche d’espèces profondes pour 2017 et 2018 dans les eaux de l’Union européenne et de l’Atlantique du Nord-Est est tombé dans la soirée du 14 novembre. Il prévoit une baisse des captures pour la plupart des stocks de sabre noir, dorade et phycis de fond ainsi que pour tous les stocks de grenadier de roche, pourtant classé «en danger d’extinction» par l’Union internationale de conservation de la nature (UICN) en 2015. Les espèces d’eau profonde s’avèrent en effet plus vulnérables que les autres à cause d’un faible taux de reproduction et d’une croissance plus lente.

Déçues, les ONG Bloom, Deep sea conservation coalition (DSCC) et Seas at risk ont affirmé que ces baisses ne suffisaient à empêcher la surpêche de ces espèces, la plupart des quotas restant supérieurs aux recommandations des scientifiques. La dorade rose, le sabre noir et la mostelle de fond sont particulièrement menacés.

Stocks mieux gérés, quotas augmentés
Avec des quotas suivant scrupuleusement les avis scientifiques, les quotas de pêche européens pourraient s’accroître de 57% selon une étude publiée le 14 novembre par Oceana. Il faudrait seulement leur appliquer une gestion stricte et leur accorder une période de convalescence. L’ONG, qui a étudié 397 stocks halieutiques, affirme que 12% seulement d’entre eux remplissent les critères de durabilité de la politique commune de la pêche (PCP).

 

Quota «scientifique»

 

Pour la première fois, les ministres ont même établi un quota pour les requins des grands fonds alors que celui-ci était fixé à zéro depuis 2012. «Nous nous sommes accordés sur un petit quota à l’essai de prises accessoires ce qui permettrait aux scientifiques de nous aider à mieux comprendre l’état des stocks», a justifié le commissaire européen à la pêche Karmenu Vella lors d’une conférence de presse.

«Le Conseil devrait s’assurer que les pêches profondes sont gérées de façon à éviter la capture d'espèces menacées plutôt que d'abdiquer sa responsabilité en fixant un quota permettant la capture accessoire de ces espèces dans des pêcheries non sélectives», a réagi Matthew Gianni de la DSCC.

 



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