Espèces menacées: un commerce encore peu «durable»

Le 13 juin 2007 par Claire Avignon
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siberian-tiger
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Depuis le 3 juin et jusqu’au 15 se tient à La Haye (Pays-Bas) la 14e session de la conférence des parties de la convention de Washington sur le commerce des espèces menacées. A cette occasion, des chercheurs ont montré les effets négatifs des embargos.

Requin baleine, anguille, gazelle, corail rouge, mais aussi le cèdre rouge, un agave et même plusieurs espèces de cactus. La convention Cites ne vise pas que les très médiatiques éléphants, elle porte sur plus de 30.000 espèces sauvages, et même sur les produits dérivés tels que les fourrures. Son but, depuis 1975? Veiller à ce que le commerce qui les concerne ne les mette pas en péril. Avec la destruction des habitats et le changement climatique, il s'agit d'une des principales menaces qui pèse sur la biodiversité. Toutefois, Cites doit également prendre en compte le fait que l'exploitation de la faune et de la flore représente un gagne-pain pour de nombreuses populations, des pays pauvres et riches.

La convention connaît un succès certain puisqu'elle comprend 169 Etats parties, comparée à la convention de Rotterdam sur le commerce international de certains produits chimiques dangereux qui compte seulement 117 parties. Malgré tout, son fonctionnement est loin d'être parfait, selon une équipe franco-britannique de chercheurs. Dans un commentaire paru dans Nature (1) intitulé «Can bans stimulate wildlife trade?» (Les embargos peuvent-ils augmenter le commerce des espèces sauvages?), elle estime qu'un meilleur contrôle et une meilleure gestion des espèces réglementées (annexe II) permettraient d'éviter les embargos (annexe I).

Les scientifiques ont analysé les données concernant les importations des spécimens d'espèces animales qui sont passées de l'annexe II à l'annexe I entre 1980 et 2003. Cette procédure prend entre 240 et 420 jours. Les marchands ont donc environ un an pour stocker des spécimens sans être gênés par des restrictions. Les résultats montrent que les volumes commerciaux baissent significativement après l'interdiction, mais qu'un maximum est généralement détecté un an avant. L'augmentation moyenne est de 135% par rapport aux années précédentes. Elle peut être encore plus forte dans certains cas. Le pic a atteint la moitié de la population mature totale estimée dans le cas des tortues de Kleinmann, et le dixième pour les chats Geoffroy. Cette conséquence, suspectée depuis le milieu des années 1980, apparaît évidente -il s'agit de l'application du principe de l'offre et de la demande-, mais n'avait jamais encore été démontrée.

«Il faut mettre en place des actions de prévention très tôt, estime Philippe Rivalan, auteur principal de l'article. Aujourd'hui, Cites régule les volumes commerciaux. Il faudrait l'assouplir pour qu'elle s'investisse également dans les actions de conservation.» Les espèces problématiques seraient intégrées plus tôt en annexe II, des actions spécifiques éviteraient leur montée en annexe I, et les personnes qui vivent de leur commerce pourraient continuer leur activité.

Selon un communiqué de la Cites, la conférence triennale doit décider «de la manière d'améliorer le régime du commerce des espèces sauvages», avec l'adoption d'une nouvelle «vision stratégique» pour 2008 à 2013. L'histoire dira si les participants sont d'assidus lecteurs de Nature…



(1) Vol 447/31 mai




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