Espèces menacées: les effets toujours plus marqués du réchauffement

Le 12 décembre 2019 par Romain Loury
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Le râle de Guam
Le râle de Guam
Josh More CC BY-NC-ND 2.0

Les effets du changement climatique sur la biodiversité sont de plus en plus évidents, a rapporté mardi 10 décembre l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) dans une actualisation de sa Liste rouge. Parmi les espèces les plus exposées, les poissons d’eau douce.

Si les actualisations de la Liste rouge sont rarement porteuses de bonnes nouvelles, celle-ci en compte quelques-unes: grâce à d’importants efforts de conservation, le râle de Guam, oiseau aptère éteint dans la nature depuis 1987, a pu être réintroduit sur l’ile des Cocos, près de l’île de Guam dont il porte le nom. Idem pour la perruche de l’île Maurice, désormais classée ‘vulnérable’ alors qu’elle était ‘en danger critique’ jusqu’en 2007.

«Cette mise à jour de la Liste rouge de l’UICN démontre que la conservation fonctionne et offre une lueur d’espoir dans la crise de la biodiversité (…) Bien que nous soyons témoins de 73 déclins vérifiés d’espèces [sur les nouvelles espèces évaluées], le succès de dix améliorations réelles prouve que la nature peut se rétablir si on lui en laisse une chance», indique Grethel Aguilar, directrice générale par intérim de l’UICN.

Poissons d’eau douce, requins, oiseaux…

Au-delà de ces quelques succès, la situation demeure des plus préoccupantes. Outre les menaces directes que constituent la chasse et la destruction de l’habitat, le réchauffement se montre de plus en plus présent. Selon l’UICN, 37% des espèces de poissons d’eau douce d’Australie sont menacées d’extinction, dont 58% directement à cause du réchauffement.

En mer, le requin nourrice à queue courte (Pseudoginglymostoma brevicaudatum), originaire de l’ouest de l’Océan indien, a perdu 80% de ses effectifs en 30 ans. «Simultanément affecté par la pêche non contrôlée et le changement climatique, il est passé de ‘vulnérable’ à ‘en danger critique’. Ne vivant que dans des eaux peu profondes, n’offrant aucun refuge contre la pêche, ce requin perd son habitat en raison de la dégradation des récifs coralliens causée, en partie, par le réchauffement des océans», explique l’UICN.

Autre effet du réchauffement, les ouragans de l’Océan atlantique, de plus en plus fréquents et intenses, et qui ravagent aussi les milieux naturels. L’amazone impérial (Amazona imperialis), oiseau national de la Dominique, compterait ainsi moins de 50 individus matures dans la nature. Du fait de l’ouragan Maria de septembre 2017, il est passé de la catégorie ‘en danger’ à ‘en danger critique’.

Le lapin d’Europe en déclin. Bien que répandu, le lapin d’Europe est désormais ‘en danger’ dans son aire de répartition naturelle (Espagne, Portugal, sud de la France), alors qu’il n’y était que ‘quasi-menacé’. En cause, un nouvel épisode de maladie hémorragique virale du lapin, apparue en Europe en 1986, qui a entraîné une chute des effectifs allant jusqu’à 70%.