Espèces invasives: une première estimation économique

Le 22 septembre 2015 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Le moustique-tigre, espèce la plus coûteuse
Le moustique-tigre, espèce la plus coûteuse
DR

Pour le Commissariat général au développement durable (CGDD), la lutte contre les espèces exotiques envahissantes coûte à la France 38 millions d’euros par an. Un bilan probablement très éloigné de la réalité, en raison du manque de données quant aux dommages occasionnés à la biodiversité.

Au niveau européen, on estime à 12 milliards d’euros les dommages engendrés chaque année par les plus de 1.500 espèces exotiques envahissantes ayant élu domicile dans l’UE. Qu’en est-il en France? C’est ce qu’a tenté de savoir le CGDD dans son étude portant sur la période 2009-2013, la première menée sur le sujet en France.

Selon ce bilan, ces espèces coûteraient chaque année à la France 38 M€, dont 19 millions pour le temps de travail et les frais de fonctionnement dépensés au titre de la gestion de ces nouveaux arrivants, et 19 autres millions pour les dommages sanitaires et les «impacts résiduels», dont le surcoût de protection des espèces autochtones et des espaces naturels.

Si ces 38 M€ semblent si éloignés des 12 Md€ européens, c’est probablement parce que les résultats du CGDD sont très en deçà de la réalité: faute de données, les experts n’ont pu analyser l’ensemble des dommages à la biodiversité, ne s’attachant qu’aux surcoûts de protection des espèces locales.

Les 11 salopards

Si l’on recense plus de 600 espèces exotiques envahissantes en France, 11 d’entre elles concentreraient 58% des dépenses. A savoir «le moustique-tigre en métropole et en Outre-mer, le cerf de Java et le cochon féral en Nouvelle-Calédonie, les jussies, les élodées, le ragondin et le rat musqué en métropole, le rat, le chat et la souris grise en Outre-mer, et les renouées en métropole», énumère le CGDD.

Trois territoires français concentrent plus de la moitié des dépenses nationales: la Réunion, la Nouvelle-Calédonie, et les Terres australes et antarctiques françaises.

En raison de la lutte contre le moustique-tigre, vecteur de la dengue et du chikungunya, les moyens alloués ont fortement augmenté ces dernières années: +197% en métropole et +611% pour l’Outre-mer. Mais même en excluant cette espèce, les dépenses ont enregistré une hausse respective de 34% et 236%.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus