Espèces invasives: les perruches moines, une armée de clones

Le 28 avril 2015 par Romain Loury
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Une perruche moine
Une perruche moine
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Originaire d’Amérique du Sud, la perruche moine (Myiopsitta monachus) s’est bien acclimatée à ses nouveaux habitats, en Amérique du Nord et en Europe. Une étude, publiée dans la revue Molecular Evolution, révèle que ces animaux, très peu diversifiés d’un point de vue génétique, proviennent tous de l’Uruguay.

Egalement appelés conures veuves, ces jolis volatiles verts au cri perçant, importés comme animaux de compagnie, sont originaires d’Argentine, du Brésil et du Paraguay, mais c’est surtout en Uruguay que ce commerce s’est établi. Comme ses cousines, les perruches à collier, certaines ont pu s’échapper et s’établir durablement dans leurs pays d’adoption, notamment à l’est des Etats-Unis et en Europe.

Ils abondent ainsi en Espagne, particulièrement à Barcelone, mais aussi dans le sud de la France, notamment à Montpellier, ainsi qu’en région parisienne et en Belgique. Or selon l’étude menée par Pim Edelaar, de l’université Pablo de Olavide de Séville, et ses collègues, ces individus pionniers seraient originaires d’une petite région d’Uruguay.

Selon une analyse menée sur 22 sites, dont 14 en Amérique du Sud, les autres en Espagne et aux Etats-Unis, l’ensemble des perruches moines ayant colonisé les contrées septentrionales sont étonnamment peu diversifiées d’un point de vue génétique.

Origine restreinte, adaptation au milieu urbain

«C’est assez peu courant, car les espèces invasives dotées d’une plus grande diversité ont souvent de meilleures chances de survie» dans un nouvel environnement, «un pool génétique plus varié signifiant une plus grande variété des traits sur lesquels la sélection naturelle peut s’exercer, ce qui permet à l’espèce de survivre et de proliférer dans un nouvel habitat», expliquent les chercheurs.

Comment expliquer que les perruches nord-américaines et européennes soient si proches génétiquement? L’origine uruguayenne commune n’explique pas tout: les individus invasifs sont en effet moins variés d’un point de vue génétique que leurs cousins restés au pays.

«Peut-être est-ce le fait que ces populations invasives se retrouvent confrontées aux mêmes pressions de sélection. La plupart d’entre elles résident dans des zones urbaines et périurbaines, ce qui pourrait favoriser certains traits améliorant la survie dans ces milieux», concluent les chercheurs.



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