Espèces invasives: la berce du Caucase en route vers le sud-ouest

Le 27 février 2019 par Romain Loury
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La berce du Caucase
La berce du Caucase

Introduite en France à la fin du 19ème siècle, la berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) progresse sur le territoire français, en particulier vers le sud-ouest. Selon l’Anses, il est crucial de contrôler sa prolifération, aussi bien pour protéger la flore des milieux colonisés que la santé humaine.

De la même famille que la carotte, celle des ombellifères, cette plante pouvant atteindre quatre mètres de haut peut provoquer, via sa sève et ses poils, des brûlures parfois graves. Elle contient en effet des furanocoumarines, substances activées par les ultraviolets solaires. De plus, elle étouffe la flore locale dans les milieux où elle s’implante, en créant des peuplements denses.

Présente dans le nord-est et les Alpes

Inscrite depuis 2017 sur la liste des espèces invasives exotiques de l’Union européenne, la berce du Caucase est «actuellement présente dans un large quart nord-est de la France (en particulier dans les Hauts-de-France) et dans les Alpes», indique l’Anses[i] dans un rapport publié mardi 26 février.

«La berce du Caucase progresse régulièrement vers le sud-ouest, où les conditions climatiques sont particulièrement propices à son établissement et à l’augmentation de sa densité», ajoute-t-elle.

En bord de routes et de rivières

Si de nouvelles introductions à partir du Caucase semblent peu probables, sa dissémination, en France ou à partir de pays limitrophes, pose clairement problème. D’autant que cette plante a tendance à s’implanter en bord de route ou de rivière, grâce auxquelles elle peut aisément se propager à d’autres zones.

Dans son rapport, l’Anses appelle à mettre en place un système national de surveillance «afin qu’une mise à jour régulière de son expansion et du zonage du risque soit réalisée». En termes de lutte contre la plante invasive, elle propose d’utiliser les diverses méthodes disponibles, mécaniques ou chimiques. Quand l’éradication n’est plus envisageable, il demeure possible d’affaiblir les populations en «épuisant la banque de graines du sol», par des fauchages répétés.

Autre sujet de préoccupation pour l’Anses, le ‘pseudo-champignon’ Phytophtora ramorum, un phytopathogène observé pour la première fois dans le Finistère en mai 2017. Engendrant des nécroses foliaires sur des plantes ornementales (rhododendron, viorne), il est aussi délétère pour certains arbres, notamment les chênes et mélèzes. Face à ce nouveau pathogène, l’agence appelle, dans un rapport publié mercredi 27 février, à intensifier le contrôle des pépinières et des jardineries.


[i] Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail

 



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