ERDF identifie la précarité énergétique

Le 13 juin 2013 par Stéphanie Senet
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L'état de la précarité énergétique revue à la hausse
L'état de la précarité énergétique revue à la hausse

Contre toute attente, le gestionnaire du réseau d’électricité (ERDF) a présenté, ce 13 juin, un nouvel outil cartographique de la précarité énergétique en France.

Un rôle que l’on aurait plus logiquement confié à l’Observatoire de la précarité énergétique ou encore au fournisseur EDF, en charge de l’attribution des tarifs sociaux. Mais «ce sont nos techniciens qui coupent l’électricité. Et nous n’assurons pas que la maintenance du réseau, nous avons aussi une mission d’intérêt général dans notre ADN», a argumenté Michèle Bellon, présidente d’ERDF.

Conçu et développé par la société Energies demain pour ERDF, l’outil baptisé Precariter agrège de nombreuses bases de données statistiques nationales (démographie, revenus, consommations énergétiques, coût de l’énergie, typologie de logement, dépenses des ménages, etc).

Il calcule un «indicateur de précarité énergétique» à partir de deux autres indicateurs : «le taux d’effort énergétique», c’est-à-dire la part du budget d’un ménage consacré aux dépenses d’énergie pour son logement et sa mobilité quotidienne, ainsi que le «reste à vivre», soit ce qui reste sur le compte en banque une fois toutes les dépenses contraintes payées (logement, énergie, eau, scolarité, etc).

Une personne ayant un taux d’effort énergétique pour son logement ou pour sa mobilité supérieur à 10% ou ayant un taux d’effort d’énergétique global supérieur à 15% sera considérée comme en situation de précarité énergétique.

Même conclusion pour une personne ayant un reste à vivre inférieur à zéro.

Cet outil évolutif permet de zoomer jusqu’à l’échelle d’un quartier, et inversement de cartographier la France en globalité. Dans cette dernière hypothèse, il estime aujourd’hui que la précarité touche environ 4,1 millions de ménages, sur la base de leur taux d’effort énergétique, et 4,7 millions, sur la base de leur reste à vivre. L’Insee tablait jusque-là sur environ 8 millions de personnes (voir JDLE). Un baromètre Powermetrix-AFP l’évaluait, le 30 avril, à plus de 3 millions de foyers et environ 6 millions de personnes. Precariter revoit donc ces résultats à la hausse.

«Conçu comme un outil d’aide à la décision, avant de financer des travaux de rénovation par exemple», selon Nicolas Houdant, le fondateur et gérant d’Energies demain, Precariter se destine aux collectivités, aux services de l’Etat, aux bailleurs sociaux et aux grands opérateurs publics de l’électricité et du gaz.

Le maire de Nantes, Patrick Rimbert (PS), apprendra par exemple que sa ville compte 8 populations sensibles et que le profil le plus répandu d’un ménage précaire sur le plan énergétique est un couple de 25 à 39 ans, locataire, avec enfant. Mais ce n’est pas le cas le plus courant en France.

«Nous avons identifié deux profils principaux de précarité sur le territoire», observe Michèle Bellon d’ERDF : une personne âgée seule, habitant en zone rurale, et qui se chauffe au fioul, ainsi qu’une famille monoparentale, habitant en zone périurbaine.

Avant d’être officiellement présenté, l’outil a été testé pendant trois mois dans trois zones: la Corrèze, le Morbihan, et la banlieue parisienne, afin de vérifier les corrélations entre les bases de données. Des monographies par territoire seront par ailleurs présentées dès le mois d’octobre. Autant de données précieuses dans le cadre d’un plan de rénovation énergétique des logements.



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