EPR: un nouveau retard semble annoncé

Le 31 mai 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Flamanville 3 ne démarrera pas, au mieux, avant l'été 2019.
Flamanville 3 ne démarrera pas, au mieux, avant l'été 2019.
VLDT

La vérification des soudures des circuits secondaires principaux de l’EPR de Flamanville prend plus de temps que prévu. Un allongement de la durée du chantier semble inéluctable.

 

Les représentants d’EDF étaient attendus, ce jeudi 31 mai, à la réunion de la Commission locale d’information (CLI)  de La Hague (Manche). Dans un entretien publié mercredi 30 mai par la lettre spécialisée Montel, Thierry Charles jetait un pavé dans le business plan de l’électricien.

Le directeur général adjoint de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) chargé de la sûreté nucléaire estimait, en effet, que les travaux consécutifs à la découverte de soudures non conformes sur les circuits secondaires principaux du réacteur EPR de Flamanville allaient prendre plusieurs mois.

Un devis de 10,5 milliards d'euros

Hypothéquant de fait l’objectif de l’exploitant de charger en combustible la troisième tranche de la centrale nucléaire de Flamanville d’ici la fin de l’année. L’objectif étant de limiter ainsi le montant de la facture de la construction du premier EPR hexagonal à 10,5 milliards d’euros: trois fois plus que le montant du devis initial.

C’est EDF qui a détecté, début avril, ces défauts de soudure sur des tuyauteries trop sensibles pour conçues pour ne jamais rompre. Sauf si l’une des 150 soudures de ce segment de 350 mètres de long lâchait. C’est la crainte affichée par les experts de la sûreté.

Dans un courrier adressé le 11 avril à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Thierry Charles indiquait que les «produits retenus n’ont pas toutes les qualités requises pour la réalisation d’équipements en exclusion de rupture et […] que la qualification des modes opératoires de soudage […] ne respecte pas les règles de l’art.»

Ces ‘écarts’ révèlent aussi les insuffisances du contrôle de la qualité, tant des prestataires de service que d’EDF, qui n’a découvert ces défauts que tardivement.

6 à 8 semaines pour une soudure

EDF devra donc vérifier la qualité de chacune des 150 soudures et, le cas échéant, faire refaire celles qui seraient trop éloignées du référentiel de sûreté. Un travail de Romain: «Chaque soudure est le fruit de 6 à 8 semaines de travail», rappelait Laurent Thieffry, directeur du projet de l'EPR de Flamanville, lors d’une récente conférence de presse téléphonique. En toute logique, pareille vérification devrait effectivement décaler de quelques mois la fin du chantier. Et alourdir le montant de la facture.

Interrogé par des membres de la CLI, Bertrand Michoud n’a pas confirmé d’ajustement du calendrier. Le directeur des aménagements du chantier a tout juste indiqué qu’il était encore trop tôt pour envisager un «éventuel ajustement du planning et du coût du projet». L’état des lieux des canalisations concernées est toujours en cours, a d’ailleurs confirmé Hélène Héron, cheffe de la division de Caen de l’ASN.

Encore quelques semaines

Ces résultats devraient être transmis à l’IRSN dans les prochaines semaines (contre fin mai initialement prévu) pour être analysés. C’est sur la base du rapport de l’Institut que l’ASN prendra position. «Les conséquences sur le planning et le cas échéant, sur le coût du projet Flamanville 3 seront précisées à cette échéance», indique EDF dans un communiqué. Une décision qui devrait aussi influer sur la durée de vie de la centrale alsacienne de Fessenheim.

Mis en chantier en décembre 2007, l’EPR de Flamanville aurait dû démarrer en 2012. Il produira, peut-être, ses premiers électrons durant l'été 2019. Mais EDF devra de toute façon changer le couvercle de la cuve du réacteur en 2024. Si tout va bien.



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