EPR: toujours le même débat sur la sûreté

Le 21 octobre 2004 par Claire Avignon
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EDF a annoncé que le premier European pressurized water reactor (EPR) français sera installé à Flamanville (Manche). Pourtant, la sûreté du procédé n'apparaît pas encore optimale. Des études sont en cours, confidentielles, elles ne seront probablement pas rendues publiques.

Même si le nouveau type de réacteur proposé par EDF et Areva se targuent avec EPR d'améliorer encore la sûreté liée à l'utilisation de l'énergie nucléaire, les associations écologistes restent dubitatives. Le gouvernement a pourtant publié le 28 septembre dernier une lettre rassurante signée par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et la Direction générale de la Sûreté nucléaire et de la radioprotection (DGSNR). L'Etat estime que les évolutions de la conception «satisfont globalement à l'objectif d'amélioration générale de la sûreté.» Les avis restent donc partagés. Le principal débat porte sur le confinement du coeur du réacteur. L'association "Sortir du nucléaire" persiste : un emballement nucléaire provoquant la fonte du coeur du réacteur -le pire accident qui puisse survenir dans une centrale- est possible. Areva répond que la probabilité, auparavant déjà faible, d'endommager le coeur nucléaire sera encore 10 fois inférieure avec l'EPR grâce à un système de refroidissement très performant et à la construction d'une aire d'étalement du coeur fondu. Cela ne rassure pas les associations anti-nucléaires. Cette aire d'étalement du coeur, principale innovation de l'EPR, serait fragilisée si de l'eau y pénètrait en cas de fusion. Cela pourrait engendrer une explosion de vapeur. Pour Stephane Lhomme de l'association Sortir du nucléaire, pas de doute, «les EPR sont peut-être plus dangereux que les réacteurs qui fonctionnent actuellement en France.».

Le service de communication de la DGSNR défend une position médiane: «Sur le principe, le confinement du coeur nous apparaît bon. Mais les études se poursuivent grâce à des modélisations très poussées.» EDF et Areva n'aurait pas non plus pris en compte la possibilité d'un "crash suicide" d'un avion. C'est d'ailleurs ce qu'écrit le gouvernement: «Il est nécessaire d'examiner la protection de l'installation vis-à-vis des actes de malveillance. Nous notons à cet égard que la protection du réacteur contre les chutes intentionnelles d'avions commerciaux fait l'objet d'échanges techniques entre EDF et les organismes chargés de la sûreté et de la sécurité.» Ce qui signifie que le problème n'a pas encore été pris en compte. «Il le sera, répond la DGSNR. Mais nous ne pouvons bien entendu pas communiquer sur ce sujet.»

Enfin, les questionnements habituels sur le nucléaire continuent. Les circuits d'eau ne seraient toujours pas assez sûrs. Et le débat sur les déchets radioactifs est toujours aussi vif. Areva affirme les diminuer de 33% grâce à l'utilisation comme combustible de Multiples oxydes (Mox) composés de plutonium et d'uranium. Les Mox permettent de recycler le plutonium. Mais selon Stéphane Lhomme, les déchets ultimes sont encore plus dangereux car plus chauds, plus difficiles à conditionner et avec une durée de vie plus longue.


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