EPR : RSN et Greenpeace portent plainte contre EDF

Le 24 juillet 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le réacteur EPR de Flamanville n'est pas près de démarrer.
Le réacteur EPR de Flamanville n'est pas près de démarrer.
VLDT

Les deux associations veulent empêcher la mise en service de la troisième tranche de la centrale nucléaire de Flamanville.

La poisse est de nouveau tombée sur le réacteur EPR. mercredi 24 juillet, le Réseau Sortir du nucléaire (RSN) et Greenpeace ont annoncé le dépôt d'une plainte contre EDF «pour alerter sur un manque de rigueur systémique aux conséquences dangereuses» concernant le réacteur en construction à Flamanville (Manche).


Selon le communiqué des associations, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a émis des réserves en octobre 2017 et décembre 2018 à propos de pièces fabriquées pour l'EPR. «Les réserves émises pour certaines pièces étaient levées par EDF sans justification et rien ne permettait de s'assurer que tous les problèmes aient été identifiés, analysés et traités », affirment les deux ONG. Elles assurent que «de nombreux matériels avaient été déclarés bons pour le service (Bon pour exécution sans réserve) alors que cela n'aurait pas dû être le cas».

insuffisances

«Au-delà de la condamnation pénale, nos associations souhaitent alerter sur le problème systémique révélé par cette affaire», expliquent-elles. «Il est hors de question que ce réacteur dangereux et criblé de défauts soit un jour mis en service!»
Ces deux dernières années, l’ASN a constaté des «insuffisances» et avait encore mis en demeure EDF en février 2019 de «respecter les obligations de traçabilité pour la qualification des matériels de l'EPR de Flamanville».
Le gendarme du nucléaire avait alors estimé finalement «satisfaisants» les remèdes proposés par EDF mais avait «néanmoins décidé d'encadrer par une mise en demeure ces actions afin que la qualification des matériels soit démontrée dans un délai suffisant avant la mise en service du réacteur EPR», selon la note d'information publiée en février.
nouvelle méthode

«L'ASN nous a demandé une nouvelle méthode, qu'elle a validée en février dernier», souligne un porte-parole d'EDF, interrogé par l'AFP. «On a changé notre manière de documenter l'ensemble de ces levées de réserve» (les points techniques à résoudre pour pouvoir prononcer la qualification du matériel), a-t-il assuré.
Il n'y a «pas de problème sur la sûreté», insiste l'électricien. Ce projet de réacteur de 3e génération a été semé d'embûches depuis son lancement en 2004.

grands retards

Initialement prévue pour 2012, sa mise en service a été plusieurs fois retardée et son coût revu en forte hausse. De 3,3 milliards d'euros en 2006, il atteint 10,9 milliards d'euros aujourd'hui.
Le calendrier et les coûts risquent en outre de déraper de nouveau en raison de problèmes de soudures, qui pourraient retarder de plusieurs années la fin du chantier. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a récemment demandé un audit sur la filière EPR afin de faire la lumière sur les problèmes rencontrés.



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