EPR: l’avenir s’assombrit encore pour Areva

Le 21 juillet 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'EPR, à gauche, devrait démarrer dans 17 mois.
L'EPR, à gauche, devrait démarrer dans 17 mois.
PVO

Pour la seconde fois en huit mois, la Chambre de commerce internationale rend une décision défavorable au groupe français. De quoi influer sur son sauvetage en cours ?

 

Une semaine après le lancement de sa recapitalisation, Areva voit son horizon s’assombrir de nouveau. Mercredi 20 juillet, Teollisuuden Voima Oyj (TVO) annonçait que la Chambre de commerce internationale (CCI) venait de lui donner une seconde fois raison dans l’interminable conflit qui l’oppose au groupe nucléaire français.

surprise générale

L’affaire remonte à 2003. Cette année-là, Areva conclut, à la surprise générale, un contrat de vente d’un réacteur EPR. L’acheteur, TVO, est un petit électricien finlandais. Le montant du contrat est fixé à 3 milliards d’euros, clé en main. Le fleuron de la technologie française doit, en principe, livrer ses premiers MWh en 2009.

incidents, malfaçons et contentieux

Las, à force d’incidents techniques, de malfaçons, de contentieux entre le client et le consortium Areva-Siemens, le plus gros chantier de Finlande accumule les retards et les surcoûts. Areva (qui gère le chantier seul depuis le retrait de Siemens du nucléaire) a beau clamer que les essais à froid se sont bien achevés le 1er juillet dernier, Olkiluoto 3 ne devrait pas démarrer avant la fin de 2018 : 9 ans de retard et pour un montant d’addition qui aura pratiquement triplé.

2,6 milliards contre 3,5

Les deux parties ont porté l’affaire devant la justice arbitrale. L’électricien d’Eurajoki réclame à Areva 2,6 milliards d’euros en compensation de l’incapacité du groupe français à respecter ses délais et ses devis. De son côté, Areva veut obtenir 3,5 milliards de dédommagements de TVO. L’électricien finlandais n’ayant pas mis les moyens humains suffisants, juge l’ex-leader mondial du nucléaire, pour valider les plans, en temps et en heures.

Areva confirme

Dans le communiqué mis en ligne jeudi, la compagnie finlandaise annonce que la CCI «finalement accepte la majorité des arguments et des faits fournis par TVO. A l’inverse, elle rejette la grande majorité des réponses du fournisseur [Areva] ». En novembre dernier, rappelle l’industriel finlandais, la CCI s’était déjà prononcé en sa faveur. Areva ne nie pas les derniers développements juridiques en sa défaveur: «la Chambre de Commerce Internationale (CCI) a rendu une décision partielle en faveur de TVO.» Le groupe dirigé par Philippe Knoche (l’ancien directeur du chantier … d’Olkiluoto) va étudier la décision de 400 pages de la CCI avant de prendre position.

Un certain Emmanuel Macron

L’arbitrage définitif de la CCI n’est pas attendu avant le début de 2018. Défavorable aux Français, il pourrait torpiller la restructuration d’Areva. Un chantier initié, en son temps, par l’un des maîtres de Bercy, un certain Emmanuel Macron.



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