EPR: EDF confirme un nouveau retard de trois ans

Le 29 juillet 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'EPR de Flamanville : un chantier qui ne s'achève pas.
L'EPR de Flamanville : un chantier qui ne s'achève pas.
VLDT

L’énergéticien estime que le prototype français de l’EPR ne démarrera qu’en 2022 : avec dix ans de retard par rapport au planning initial.

 

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) l’avait annoncé. EDF l’a confirmé. Ce vendredi 27 juillet, au cours d’une conférence téléphonique avec des analystes financiers, Jean-Bernard Levy a reconnu que la reprise des huit soudures situées entre les deux enceintes de confinement du réacteur EPR de Flamanville allait fortement décaler dans le temps la mise en route du prototype.

«Le temps qu'il faudra pour préparer la réparation, effectuer la réparation, tester la réparation, faire valider par l'ASN ce que nous avons fait et ensuite remettre l'installation en situation d'être à nouveau testée et préparée pour une mise en service […] Ceci nous amène à des délais de plus de trois ans», a confirmé le P-DG d’EDF.

travaux supplémentaires

Au mieux, la troisième tranche de la centrale nucléaire cotentinoise ne devrait pas diverger avant 2022, dix ans plus tard qu’initialement prévu. Ce n’est pas tout à fait une surprise : fin juin, en demandant ces réparations, l’ASN avait reconnu que ces travaux supplémentaires prendraient plusieurs années.

L’enjeu, pour EDF, est de perdre le moins de temps possible. Le débat fait encore rage entre l’industrie et son régulateur. Si l’énergéticien semble désormais savoir comment (re)souder de grosses tuyauteries entre les deux enceintes de son réacteur, son scénario d’intervention n’est pas encore arrêté. Au cours d’une audition devant des parlementaires, mi-juillet, Xavier Ursat, directeur exécutif d’EDF en charge de l’ingénierie et des nouveaux projets nucléaire, a présenté

pas le droit à l'erreur

L’opérateur historique travaille sur trois scénarios de réparation des 8 soudures «de traverse». Privilégié par l’industriel, le premier impose d’extraire les tuyauteries par l’extérieur du bâtiment réacteur. Le second consisterait à intervenir entre les deux parois des enceintes: «l’espace est très restreint, nous n’aurons pas le droit à l’erreur», estime Xavier Ursat. Troisième et dernière option: glisser un robot soudeur dans les tubes pour refaire les soudures depuis l’intérieur.

Pour accélérer son choix, le groupe semi-public aimerait que l’ASN fasse auparavant connaître sa préférence entre les trois scénarios. «Ce n’est qu’à ce moment-là qu’on communiquera sur un scénario ou un budget», indique Xavier Ursat.

«Chacun des scénarios devra être assorti d’éléments clairs sur le processus de validation, sur les difficultés qui pourraient être rencontrée.», a rétorqué Bernard Doroszczuk, lors de l’audition au Sénat. Ce n’est qu’à la lecture de dossiers complets que le gendarme de l’atome tricolore se prononcera.



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