EPR de Penly: "Un débat empreint de scepticisme"

Le 13 juillet 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Didier Houi, président de la Commission particulière du débat public de Penly 3.
Didier Houi, président de la Commission particulière du débat public de Penly 3.

Onze jours avant la clôture du débat public sur l’EPR de Penly, Didier Houi, président de la Commission particulière du débat public Penly 3, dresse un premier bilan de 4 mois de concertation.

Vous présidiez, le mardi 13 juillet, la dernière réunion publique du débat sur l’EPR de Penly. Quel bilan tirez-vous de ces quatre mois de discussions ?

 

Ce ne sont pas des conclusions définitives, car le débat s’achève véritablement le 24 juillet. Tout ceux qui souhaitent participer peuvent encore nous fait parvenir leur avis, par lettre ou par courriel.

 

Vous avez déjà participé à plusieurs exercices de ce type. Celui-ci a-t-il été particulier ?

 

J’ai été frappé par le fait que, du début à la fin, le débat a été marqué par un certain scepticisme. Scepticisme portant notamment sur l’intérêt du débat ; nombre de personnes pensant que la décision était déjà prise. Ce ressentiment a d’ailleurs été alimenté par des déclarations plus ou moins malencontreuses de certaines parties.

 

Par exemple ?

 

Dans la première version de la Programmation pluriannuelle des investissements électriques ( PPI, le document officiel de planification énergétique, ndlr), il était clairement indiqué que la décision de construire l’EPR à Penly était prise. J’ai dû écrire au ministre chargé de l’écologie pour qu’il corrige cette phrase.

 

Cette défiance a-t-elle nui à la qualité des débats ?

 

Beaucoup de parties se sont, malgré tout, exprimées. Notamment parmi les socio-professionnels. Au total, nous avons reçu 33 cahiers d’acteurs. Par ailleurs, chacune des 13 réunions publiques a duré longtemps : de 3 à 4 heures. Beaucoup de gens avaient besoin de s’exprimer sur ce dossier, aussi bien en salle que sur internet. Notre site a reçu près de 20.000 visites en moins de 4 mois. Ce qui est important.

 

Le scepticisme ambiant vous a-t-il conduit à adapter votre conduite du débat ?

 

Tout à fait. Nous avons fait accepter, le 5 mai, par la Commission nationale du débat public, la réalisation d’une étude indépendante ayant pour objectif de permettre à la fois aux promoteurs du projet de le justifier, à chacun d’exprimer ses avis et ses arguments, et de manière plus large de traiter de l’utilité même du projet (réalisée par Energie demain, cette étude mise en ligne le 7 juillet estime que le projet n’a pas d’utilité énergétique immédiate, ndlr).

 

D’autres surprises ?

 

Très vite certaines questions ont été abordées et se sont imposées tout au long du débat : la gestion des déchets, le démantèlement, les conditions de travail des sous-traitants. Fort logiquement, la question de la gouvernance a aussi été évoquée ; de même que certains aspects locaux, comme la création d’emplois que permettrait l’EPR. Une autre chose m’a surprise. Le projet dont nous avons parlé est important : de l’ordre de 4 milliards d’euros. C’est aussi un projet où, contrairement à un tracé de route, les marges de manœuvres sont réduites. Tout cela a probablement conduit les parties prenantes à adopter des postures maximalistes, qu’il était difficile de quitter.

 

Quelle est la suite des opérations ?

 

Je vous le disais, le débat est officiellement clos le 24 juillet. Dès le lendemain, les membres de la Commission particulière et moi-même allons nous atteler à la rédaction d’un compte rendu du débat. Parallèlement, la Commission nationale du débat public va réaliser un bilan, plus synthétique. Les deux documents seront publiés d’ici le 24 septembre. Ensuite, le maître d’ouvrage dispose d’un délai de trois mois pour faire savoir comment il compte prendre en compte les conclusions du débat. Nous connaîtrons donc le point de vue d’EDF le jour de Noël.



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