EPR de Penly : l’enquête publique est reportée

Le 01 juin 2011 par Célia Fontaine
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L’enquête publique sur le projet de réacteur nucléaire à eau pressurisée (EPR) de Penly en Seine-Maritime n’aura pas lieu aujourd’hui 1er juin comme initialement prévu. Un report qui n’étonne pas Guillaume Blavette, du Réseau “Sortir du nucléaire“.

Serge Boulanger, le président de la Commission locale d'information des centrales de Penly et Paluel a annoncé que l’enquête serait probablement repoussée à la rentrée. Quelles sont les raisons de ce report? La catastrophe de Fukushima y est-elle pour quelque chose?
 
Nous nous y attendions; aucune information légale annonçant le début de l’enquête publique n’est parue au cours des 15 derniers jours et la réunion de la Commission locale d’information qui devait avoir lieu le 25 mai dernier a été annulée. Fukushima a bon dos. En réalité, ni EDF ni Areva ne sont prêts à initier un nouveau chantier EPR, tout simplement parce que la technologie pour le réaliser n’est pas mûre. Cela fait pourtant depuis 1992 que les ingénieurs travaillent sur ce projet…
 
Où la technologie bloque-t-elle?
 
Le système de contrôle-commande et des couvercles de cuve n’est pas du tout au point: problème au niveau des soudures, des barres de contrôle, des anneaux qui assurent l’étanchéité... Or il s’agit du cœur même du projet! Le chef de projet de l’EPR pense que les évolutions technologiques peuvent se concevoir en parallèle de la construction, ce n’est pas raisonnable! Le fait que l’allemand Siemens se soit retiré du nucléaire est également à prendre en compte. L’EPR n’est jamais que le produit de la collaboration difficile entre les énergéticiens français et allemands, il n’est pas sûr qu’Areva puisse se passer de l’expertise des ingénieurs allemands.
 
L’Autorité environnementale a rendu en avril dernier un avis très négatif sur le chantier (dans le JDLE), qu’en pensez-vous?
 
L’Autorité environnementale a formulé pas moins de 84 remarques sur le dossier proposé par le maître d’ouvrage, c’est du jamais vu! L’avis est dramatique pour EDF et Areva, qui veulent créer avec empressement une filière irréversible. Il est évident que les enseignements tirés des deux premiers projets d'EPR (Flamanville, et Olkiluoto en Finlande) n’ont pas été pris en compte, alors que c’est ce qui a été recommandé par le rapport Roussely du 16 juin 2010. N’oublions pas qu’il y a eu récemment une manifestation d’ouvriers polonais sur le chantier de Flamanville, il y a des cas de maltraitance, de maladies professionnelles…
 
Financièrement, où en est-on?
 
Après GDF-Suez, l’entreprise Total, par la voix de son président, a laissé entendre qu’elle prenait ses distances avec le nucléaire. Cela signifie clairement que des groupes industriels très puissants ne croient plus en cette technologie et considèrent eux aussi qu’il est urgent de repenser leur stratégie. L’EPR ne convainc plus parce qu’il est incapable de garantir une électricité à bon marché et plus encore un retour sur investissement appréciable pour des entreprises exposées à une contrainte concurrentielle très forte.


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