EPR de Flamanville: bientôt le débat

Le 10 juin 2005 par Christine Sévillano
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Le débat public sur le projet d'EPR de Flamanville, une première nationale, devrait se tenir à l'automne 2005. Les modalités sont presque toutes arrêtées.

La Commission particulière du débat public (CPDP) EPR (1) a présenté le 9 juin les principes de déroulement et les modalités du débat sur le projet de réacteur nucléaire de troisième génération EPR «tête de série» de Flamanville (Manche). Débat inédit par son ampleur nationale, et plus seulement locale, les discussions promettent d'être vives, d'autant plus qu'il s'agit du premier débat sur l'installation d'un équipement nucléaire. L'EPR de Flamanville devrait être le premier réacteur de ce type sur le territoire français et pourrait à terme renouveler l'ensemble du parc électronucléaire français.

Selon son président, Jean-Luc Mathieu, le débat devrait s'ouvrir le 19 octobre 2005 pour 4 mois et comporter des réunions locales, dans la Manche et en Basse-Normandie et nationales, dans les grandes villes. Certaines doivent évoquer les aspects généraux et la plupart seront thématiques. 4 grands axes ont été dégagés par les membres de la CPDP: les besoins électriques et l'évolution de l'outil de production, la maîtrise des risques environnementaux et sanitaires, la politique industrielle du maître d'ouvrage et enfin les impacts socio-économiques de l'EPR. Indépendante, vis-à-vis du maître d'ouvrage EdF, la CPDP restera neutre, comme le veut sa charte éthique, et ne donnera pas d'avis. Elle doit posséder une bonne compréhension des éléments techniques et sociologiques du débat et son rôle est d'apporter une information précise et la plus large possible. Composée d'experts provenant de différentes disciplines, elle doit pouvoir répondre à toutes les questions. «A priori, l'optique des personnes qui vont vivre près de la centrale devrait être différente de la vision des autres Français», estime Jean-Luc Mathieu.

Deux autres débats sont prévus en parallèle pour leurs forts liens avec le projet d'EPR: la construction de lignes à très haute tension vers Rennes et Laval, et les déchets nucléaires de longue vie. Ils doivent démarrer à l'automne quelques jours après le début du débat sur l'EPR. «Il est fort possible que nous fassions des réunions communes aux thématiques», affirme Jean-Luc Mathieu. Avant l'ouverture du débat, la CPDP poursuit la concertation avec les acteurs et achève l'élaboration du schéma de principe du débat. Le maître d'ouvrage termine actuellement le dossier, et le cahier collectif des acteurs qui comprend Areva, administrations, associations de protection de l'environnement et de défense de l'EPR, est aussi en voie de finalisation. En juillet, la CPDP doit effectuer un résumé technique du dossier d'EdF et un autre sur les positions de chacun. Ces synthèses, comme les cahiers des acteurs seront largement diffusés.

Le coût du débat, entièrement supporté par EdF, devrait se situer, selon Jean-Luc Mathieu, entre 1 et 1,5 million d'euros. «Nous essaierons de ne pas dépasser, mais EdF doit supporter tous les coûts que nous décidons, et cette manière de procéder n'est en rien un moyen de pression», affirme le président de la CPDP. La tenue de ce débat est une obligation réglementaire pour le maître d'ouvrage. Autorité indépendante depuis 2002, la Commission nationale du débat public a été créée en 1995 par le ministre chargé de l'environnement, Michel Barnier mais n'a été installée qu'à l'automne 97, par Dominique Voynet.



(1) Réacteur à eau pressurisée.




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