EPR, cheval de bataille d’EDF

Le 16 novembre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
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Vue de la Manche, depuis l'EPR.
Vue de la Manche, depuis l'EPR.
©VLDT

Plus que jamais, EDF garde confiance en l’EPR. Tel est le message que l’électricien a fait passer, ce mercredi 16 novembre, au cours d’une visite de presse du chantier de Flamanville 3, premier réacteur de troisième génération français.

«Un chantier que nous avons remis sur les rails», affirme Xavier Ursat, directeur exécutif chargé de l’ingénierie et des nouveaux projets nucléaires. Après de très nombreux déboires, le troisième réacteur cotentinois se rapproche de sa mise en service. Génie civil, installation des principaux composants, raccordement au réseau sont terminés. Et alors que le chantier se poursuit, les premiers essais ont déjà débuté. «Nous finaliserons le montage mécaniques en 2016, et achèverons l’an prochain le montage électromécanique», précise Laurent Thieffry, directeur du projet.

1.600 essais

Les pièces (dont des parties de la cuve du réacteur) trop chargées en carbone? L’électricien ne s’en soucie plus guère: «Nous avons réalisé 1.600 essais sur des pièces sacrifiées représentatives de celles qui ont été mises en cause. 90% des résultats sont disponibles et conformes aux préconisations de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN)», affirme Xavier Ursat. Les suites du scandale Creusot Forge n’inquiètent pas davantage l’opérateur historique pour qui «le dossier sera clos dans les 6 prochains mois».

Bref, l’exploitant du parc confirme un chargement de l’EPR en combustible et son démarrage avant la fin de 2018.

Ce qui conforte son choix technologique. Acquéreur de la division des réacteurs d’Areva (concepteur et constructeur de l’EPR), EDF entend relancer l’exportation de centrales tricolores, avant, peut-être, de renouveler le parc français.

Cuve japonaise

La première étape sera bien sûr la construction des deux tranches EPR de la centrale britannique de Hinkley Point. Un chantier qui ne profitera pourtant pas qu’aux entreprises françaises. Echaudé par l’affaire Creusot, EDF va confier à un forgeron japonais la réalisation de la cuve du réacteur de la première tranche de la future centrale nucléaire britannique. «Nous n’avons rien encore décidé pour la seconde», précise Xavier Ursat.

EDF vient de redémarrer des négociations avec le gouvernement indien pour la fourniture de 6 tranches EPR à Jaitapur, dans le sud-ouest du sous-continent. Lancées au début des années 2000, les tractations ne sont toutefois par sur le point d’aboutir. «Nous n’espérons pas conclure avant 3 ou 4 ans», convient Xavier Ursat.

Nouvelle gamme

D’autant que l’électricien-ingénieriste-constructeur est en passe de faire évoluer son offre. Outre l’EPR actuel (1.600 mégawatts électriques -MWe- de puissance), EDF va proposer l’Atmea, son petit frère de 1.200 MWe, dont deux exemplaires ont déjà été vendus à la Turquie.

C’était la contrepartie de l’investissement du Chinois CGN dans Hinkley Point, EDF va devoir aussi vendre une version ‘occidentalisée’ du réacteur Hualong One, développé à partir des 4 réacteurs français construits en Chine.

Objectif: moins cher que l’éolien

Last but not least, l’électricien a engagé la conception, avec Areva, d’une nouvelle génération d’EPR, de même capacité que l’actuel, mais «plus facile et plus rapide à construire». Mieux, son coût ne devrait pas excéder les 5 milliards d’euros: moitié moins que le réacteur en cours de finition à Flamanville. Prévu pour remplacer les paliers 900, 1.300 et 1.400 MW en service, l’EPR nouvelle génération doit encore être certifié par l’ASN. EDF n’attend pas d’accord de principe avant 2018 ou 2019. «L’idée étant de pouvoir assurer les premières mises en service vers 2030», estime Xavier Ursat. Reste à savoir à quel coût sortira alors le mégawattheure (MWh). «Notre objectif est d’être moins cher que les énergies renouvelables les plus performantes», ajoute-t-il. Un sacré challenge. Car en remportant un appel d’offres d’éolien offshore au Danemark, Vattenfall vient de faire tomber à 49 € le coût du MWh éolien marin. Pas sûr que l’EPR rabote suffisamment ses coûts.

 



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