EPR: Bouygues s’oppose à l’ASN

Le 24 juin 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le groupe Bouygues a contesté, jeudi 23 juin, les conclusions du rapport de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) relatif aux sous-déclarations d'accidents du travail sur le chantier de l'EPR de Flamanville (Manche).
 
Dans un communiqué, l'entreprise de BTP récuse fermement toute démarche intentionnelle de non-déclaration des accidents et toute initiative visant à éluder l'information de l'inspection du travail ou à détourner sa surveillance, indique le communiqué de Bouygues Construction, la filiale du groupe en charge du chantier.
 
Le procureur de la République de Cherbourg Eric Bouillard avait confirmé plus tôt dans la journée l'existence d'un procès-verbal émanant de l'ASN dénonçant une démarche intentionnelle de non-déclaration d'accidents du travail sur le chantier de l'EPR.
 
Dans ce PV daté du 6 juin, révélé vendredi par le quotidien L'Humanité, le gendarme du nucléaire recense 112 accidents du travail survenus en 2010 sur le chantier de l'EPR, dont 38 accidents à déclarer n'ayant pas fait l'objet d'une déclaration.
 
Bouygues Construction affirme que le procès-verbal de l'ASN mentionné par les médias ne lui a pas été communiqué. La société souligne que, dès le début des travaux de l'EPR, des procédures extrêmement claires ont été établies par EDF, en lien avec tous les intervenants du chantier et le personnel médical.
 
Ces procédures précisent que tous les accidents, même mineurs, doivent impérativement être déclarés et leur traçabilité assurée, indique le communiqué.
 
Mais Bouygues Construction souligne qu'il est apparu que, à l'insu des entreprises membres du GIE (groupement d'intérêt économique) en charge du génie civil, certaines fiches médicales d'intervention n'ont pas été établies correctement par le personnel de l'infirmerie inter-entreprises.
 
Les éventuelles absences de déclaration qui sont évoquées ne peuvent être que la conséquence d'initiatives malencontreuses du personnel de l'infirmerie.
 
La direction du chantier a rappelé fermement, à plusieurs reprises, au personnel médical et aux collaborateurs du chantier la nécessité d'appliquer strictement les procédures établies par EDF, assure Bouygues.
 
Il n'a jamais existé la moindre volonté, tolérance ou instruction qui aurait eu pour objet ou pour effet de ne pas déclarer un accident du travail, même bénin, affirme aussi le constructeur.
 
Un salarié de 32 ans est décédé le 11 juin sur le chantier. Après la mort, le 24 janvier, d'un autre salarié de 37 ans, une enquête de flagrance pour homicide involontaire avait été ouverte par le procureur de Cherbourg.
 
Le réacteur nucléaire de troisième génération EPR de Flamanville est l'un des tout premiers en construction dans le monde et fait figure de vitrine pour un réacteur que la France veut exporter, mais le chantier accuse un retard d'au moins deux ans.


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