EPR: Areva et d’EDF pas très transparents, juge le HCTISN

Le 22 juin 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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EDF et Areva peu diserts sur l'EPR de Flamanville, estime le HCTISN.
EDF et Areva peu diserts sur l'EPR de Flamanville, estime le HCTISN.
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Les deux industriels peinent à expliquer au public les tenants et les aboutissants des défauts détectés sur la cuve de leur prochain réacteur.

Les malfaçons de la cuve du réacteur EPR de Flamanville intéressent bien du monde. Areva, son constructeur, bien sûr; EDF, le futur exploitant; l’Autorité de sûreté nucléaire, évidemment; la commission locale d’information. Mais aussi le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN).

Totalement inconnu du public, le HCTISN, créé en 2006, a pour mission de s’assurer que toute personne, qui le souhaite, soit correctement informée sur le risque nucléaire. De temps en temps, cet aréopage, dont une très grande part des 40 membres est liée à l’industrie nucléaire, accouche d’un rapport.

Le dernier en date est tout chaud. Publié, ce jeudi 22 juin, il évalue la qualité de l’information sur les «anomalies de la cuve EPR de Flamanville 3». En gros, tout le monde a-t-il tout dit et de façon intelligible dans ce feuilleton nucléaire?

Communication hétérogène

Question difficile, à laquelle le régulateur de la communication nucléaire ne répond pas directement: «les informations relatives à l’anomalie détectée au niveau des calottes de la cuve du réacteur EPR de Flamanville dans le cadre des essais menés pour sa qualification technique ont fait l’objet d’une communication relativement hétérogène auprès du public par les différents acteurs concernés.»

Dans le lot des parties communicantes, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) décroche un satisfecit. Le haut comité loue la publication de nombreuses notes d’information, la mise en ligne d’un dossier pédagogique et des lettres adressées à Areva. Son bras technique,  l’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), se voit couronné des mêmes lauriers.

Pas d’explication au public

Tel n’est pas le cas d’Areva, ni d’EDF. Ni l’ex-leader mondial de l’atome, ni l’opérateur historique «n’ont […] expliqué au public l’origine de l’anomalie et l’historique de la conception et de la fabrication de la cuve du réacteur EPR». Le lecteur passionné devra lire le rapport du HCTISN pour satisfaire sa curiosité.

Par ailleurs, la remise à l’ASN, fin 2016, du rapport définitif des analyses effectuées dans le cadre de la démarche de justification de l’aptitude à la mise en service de la cuve de l’EPR n’a pas fait l’objet de communication vers le public par EDF et Areva. C’est seulement le 11 mai dernier que ce dernier a mis en ligne une synthèse de ce dossier, parfois caviardé.

Des scénarios alternatifs?

Autre grief: EDF et AREVA n’ont fait aucune communication vers le public quant aux scénarios alternatifs envisagés si la cuve de l’EPR étaient jugée impropre au service. Un constat partagé par les journalistes. Conclusion logique, assénée par Greenpeace France: «EDF et AREVA n’ont pas été transparents sur ce dossier.» «EDF et Areva mettent l'ASN devant le fait accompli: ils refusent de communiquer un plan B pour la contraindre à accepter que l'EPR démarre avec des pièces vérolées», s'insurge Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire, cité dans un communiqué

Reste à savoir si le côté taiseux des deux industriels influera sur l’avenir du réacteur contentinois. L’Autorité de sûreté nucléaire doit publier, dans les prochains jours, son avis sur sa cuve. Officiellement, EDF se dit confiant.



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