Episode 1: La Réunion, une agriculture en pleine transformation

Le 13 avril 2011 par Geneviève De Lacour
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Aujourd’hui commence une série de 4 articles sur l’agriculture à la Réunion et la mise en place par le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) d’un projet d’agro-écologie. Son nom de code: Gamour, pour Gestion agro-écologique des mouches de légumes à la Réunion. Face à l’impasse du tout pesticides, le Cirad a décidé de lancer un programme de recherche, de formation et de développement permettant de proposer à quelques agriculteurs réunionnais une protection agro-écologique contre les mouches de légumes. Un projet pilote.

«L’agriculture bio reste balbutiante à la Réunion», explique Sébastien Legoff du pôle végétal de la chambre d’agriculture de la Réunion, en charge de l’agriculture biologique. «Pourtant de plus en plus d’exploitants souhaitent changer de mode de production. » Entre 2006 et 2010, le nombre d’agriculteurs bio est passé de 24 à 51. Un chiffre bien faible, noyé parmi les 6.9000 exploitations que compte l’île australe.

Sur 47.389 hectares de surfaces agricoles utiles (SAU), la Réunion ne comptabilise que 221,4 hectares d’agriculture biologique (AB). Au total, l’agriculture biologique représente donc 0,46% de la surface agricole de l’île. Elle a pris du retard par rapport à la métropole -puisqu’en France, la SAU en bio est comprise entre 2 et 3%.

Pour près de la moitié des exploitations agricoles réunionnaises, la taille des exploitations est comprise entre 2 et 5 ha. 59% de la SAU est dédiée à la canne à sucre, 14% à d’autres productions végétales comme les fruits, les légumes ou les fleurs et 24% à la production animale. Pour la filière végétale, la surface cultivée est de 24.500 ha. Quant à la filière horticole, elle se développe rapidement.

Penser que la Réunion produit sans pesticides est un leurre. Le climat tropical est favorable aux cultures, mais aussi à de nombreux insectes, pas toujours inoffensifs vis-à-vis des fruits et des légumes. Dans la course au rendement, les producteurs de canne à sucre et les autres exploitants ont massivement eu recours aux pesticides.
 
L’île subit ainsi régulièrement l’invasion de ravageurs, des insectes détruisant les cultures. Certaines productions sont plus gravement touchées que d’autres comme, par exemple, les cucurbitacées. Concombres, citrouilles et chou-chou, le légume fétiche de la Réunion, sont depuis quelques années ravagées par de petites mouches. Il s’agit de trois espèces bien précises: Dacus demmerezi (appelée Dd), Dacus ciliatus (Dc) et Bactrocera cucurbitae (Bc). Les agriculteurs subissent des pertes pouvant aller jusqu’à 80-90% de leur production. «Parfois toute la production part à la poubelle», explique un agriculteur de Petite Ile au sud-ouest de l’île.
 
Un phénomène qui s’est accentué depuis moins de 10 ans. Il semblerait que les mouches des légumes et de fruits se soient habituées aux traitements phytosanitaires. A la Réunion, selon Jean-Philippe Deguine, les agriculteurs appliqueraient trois fois plus d’insecticides qu’en métropole. 480 tonnes de produits actifs auraient été employés en 2009, insecticides pour moitié, herbicides pour l’autre moitié.
 
Selon le représentant de la chambre d’agriculture, le projet Gamour est le seul projet d’agro-écologie expérimenté à la Réunion. D’ailleurs, trois agriculteurs ayant participé à ce programme de recherche dirigé par Jean-Philippe Deguine et coordonné par la chambre d’agriculture et de la pêche, ont été récompensés cette année par les Trophées de l’agriculture durable 2011. «L’agro-écologie, ce n’est pas de l’agriculture bio. Nous ne répondons pas à un cahier des charges», précise Jean-Philippe Deguine.
 
Mais quel est le concept de l’agro-écologie? Et pourquoi le projet Gamour est-il un des rares projets novateur de ce type en France?
 


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