Epandages aériens: promis, cette fois c’est la bonne

Le 28 mai 2014 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
L'épandage aérien interdit... enfin?
L'épandage aérien interdit... enfin?

La ministre de l’écologie, Ségolène Royal, a annoncé lundi 26 mai sa volonté d’interdire les épandages aériens de pesticides. Une mesure qui mettrait une fin définitive au système actuel de dérogation… «sauf cas d’extrême urgence et absolue nécessité»?

A en croire le communiqué diffusé lundi par la ministre, la fin de l’arrêté du 23 décembre 2013 serait proche. Décrié par les associations, qui militent pour l’interdiction pure et simple des épandages aériens, le texte prévoit des dérogations «en cas d’urgence dûment justifiée, à caractère imprévisible ou exceptionnel, notamment climatique, ou lorsqu’un organisme nuisible ne peut être maîtrisé par d’autres moyens que l’épandage par voie aérienne». Un intitulé qui laisse place à de trop nombreuses exceptions.

Début mai, le Conseil d’Etat, saisi par trois associations guadeloupéennes, a décidé de suspendre cet arrêté lors d’une procédure de référé-suspension (voir le JDLE). Mais sans attendre le jugement au fond, Ségolène Royal a annoncé lundi la signature, «dans les meilleurs délais», d’un «arrêté interdisant l’épandage aérien de pesticides pour l’ensemble des cultures qui pouvaient bénéficier d’une dérogation». Un texte qu’elle signera avec ses collègues de la santé et de l’agriculture, Marisol Touraine et Stéphane Le Foll.

Or du côté de ce dernier, la Direction générale de l’alimentation (DGAL) a diffusé le 2 mai une note prenant, pour le moins, le contrepied des annonces de Ségolène Royal. Selon ce texte consulté par l’Agence France Presse (AFP), toute dérogation accordée avant le 6 mai, date du jugement en référé par le Conseil d’Etat, reste «valide». Jusque-là, rien d’anormal.

La DGAL poursuit en indiquant qu’aucun autre épandage ne sera accordé «sauf cas d'extrême urgence et absolue nécessité». Comprendre: l’interdiction est désormais totale… sauf exception!

«L'extrême urgence pourrait être qualifiée au vu du constat d'un danger ne pouvant être maîtrisé par d'autres moyens lorsque la hauteur des végétaux ou la pente ou le dévers des parcelles ou la portance des sols, rendent totalement impossible le traitement des cultures par voie terrestre», explique la DGAL.

Sans délai pour le maïs et les bananes

Qu’elle soit réellement totale, ou totale sans dérogation «sauf cas d’urgence et absolue nécessité», l’interdiction annoncée lundi par Ségolène Royal s’appliquera «sans délai» pour le maïs doux, le maïs pop-corn et les bananes, et avec un délai de 18 mois «pour quelques cultures spécifiques de riz et certains vignobles».

Dans ce dernier cas, il s’agit de trouver «une alternative [à l’épandage aérien] garantissant la sécurité des utilisateurs» de pesticides.

Pour les vignobles, le ministère fait référence à ceux en forte pente. Quant au riz, il s’agit avant tout de celui de Camargue, dont le type de culture, dans l’eau, rend en effet difficile d’autres techniques que l’épandage aérien, explique au JDLE Claudine Joly, du réseau agriculture de France Nature Environnement (FNE). Même en 18 mois, il ne sera «pas évident» de trouver des solutions à ce problème, craint-elle [1].

Tout en se réjouissant du texte à paraître, Claudine Joly regrette que le ministère ne s’engage, pour l’instant, que sur «des sujets déjà bien engagés»: selon elle, statuer sur la distance de sécurité à respecter entre l’épandage de pesticides et les habitations, qui fait l’objet d’un vide juridique, aurait une «signification plus réelle».

[1] A moins, tout simplement, de produire du riz bio… en Camargue, un riziculteur recourt ainsi à des canards, qui se nourrissent de mauvaises herbes mais délaissent le riz.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus