Epandages aériens de pesticides: où en est-on?

Le 20 juillet 2012 par Geneviève De Lacour
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Les épandages aériens de pesticides bénéficient de dérogations préfectorales
Les épandages aériens de pesticides bénéficient de dérogations préfectorales

Alors que la mission commune d'information sur les pesticides et leur impact sur la santé et l'environnement s’apprête, le 24 juillet prochain, à auditionner des scientifiques mais aussi le ministre de l’agriculture sur le thème «Effets des pesticides sur la santé des utilisateurs, de leurs familles et des riverains: regards croisés», les dérogations pour des épandages aériens de pesticides vont bon train…

Haute-Garonne, Lot-et-Garonne, Gers, Loiret, etc. Ces préfectures ont autorisé les épandages de pesticides par voie aérienne sur du maïs pour l’été 2012. D’autres départements seraient en passe de les suivre, comme les Landes. En Rhône-Alpes et en Bourgogne, les dérogations sont nombreuses sur la vigne. Tous ces épandages ont lieu en ce moment même, ou se dérouleront dans le courant de l’été. Quatre ONG, la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab), Agir pour l’environnement, Générations futures, la Confédération paysanne et l’Union nationale des apiculteurs de France (Unaf) demandent dans un communiqué publié aujourd’hui 20 juillet «une réelle interdiction des épandages aériens de pesticides».

En raison de sa dangerosité, l’épandage aérien de pesticides est pourtant une pratique interdite en Europe depuis 2009, et en France depuis le Grenelle de l’environnement de 2010. En revanche, un arrêté ministériel de mai 2011 autorise les préfets à accorder des dérogations, qui sont en train de devenir la norme: 800 demandes auraient été déposées depuis le début de l'années, et plusieurs préfectures les ont d'ores et déjà autorisées...

En Haute-Garonne, l'arrêté du préfet porte sur 8.000 hectares et sur 4 zones classées Natura 2000 et restera en vigueur jusqu'au 12 septembre, selon le journal Sud Ouest. Un arrêté qui autorise le survol des champs de maïs à une altitude d'une cinquantaine de mètres pour y épandre de la deltamétrine, de la cyperméthrine et du chlorantraniliprol pour traiter les insectes ravageurs du maïs. Dans le Gers, 14 communes sont concernées, mais aucune zone Natura 2000.

Si ces arrêtés mettent aujourd'hui le feu entre apiculteurs, écologistes, élus locaux, maïsiculteurs et pouvoirs publics, c'est que les épandages ne sont pas toujours annoncés. Les apiculteurs et les défenseurs de l'environnement soulignent néanmoins que, même si l'autorisation dérogatoire est légale, ce contre quoi ils mènent une guerre acharnée, l'obligation est aussi faite aux épandeurs de prévenir les populations et les exploitants agricoles riverains 72 heures à l'avance, afin de leur permettre de prendre les mesures de précaution qui s'imposent.

Ces épandages aériens inquiètent apiculteurs et agriculteurs biologiques, qui encourent le déclassement de leurs cultures.

«Nos organisations demandent enfin le respect de la loi sur l’interdiction des épandages aériens. Une concertation doit être ouverte pour la révision de l’arrêté du 31 mai 2011 encadrant ce mode de traitement», demandent les ONG.

Interrogée sur la multiplication des dérogations, délivrées récemment entre autres dans le Sud-Ouest, la ministre de l’écologie Delphine Batho a affirmé à la télévision ce matin 20 juillet qu'«il y a déjà moins de dérogations qu'il y en a eu précédemment, avant d’ajouter, et moi je souhaite qu'il n'y en ait plus du tout».

Avant de rappeler que le ministre de l'agriculture a annoncé une remise à plat du sujet.

 

 

 

 



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