Epandage: limiter les impacts environnementaux

Le 02 mars 2005 par Christine Sévillano
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La contamination de l'environnement par les pesticides et autres produits chimiques paraît souvent un casse-tête pour les agriculteurs. Bernard Bonicelli du Cemagref a montré au cours d'un colloque comment par des pratiques peu compliquées à mettre en œuvre, cet impact environnemental peut être limité.

A l'occasion du colloque "Eau et agriculture durable", lors du Salon international du machinisme agricole, Bernard Bonicelli du génie des équipements agricoles et forestiers au Cemagref (1) a présenté les possibilités de réduire les contaminations de l'environnement au moment de l'épandage des produits phytosanitaires. Des solutions individuelles à mettre en oeuvre à la source, qui n'ont pas seulement un impact écologique, mais aussi des conséquences économiques. De bonnes pratiques peuvent permettre "des économies substantielles de produit", selon Bernard Bonicelli.

L'expert du Cemagref a rappelé en premier lieu que les traitements se faisaient dans 95% des cas par pulvérisation. Une technique qui entraîne une perte de produit puisque toutes les pulvérisations n'atteignent pas leurs cibles, mais contribuent à contaminer l'environnement dans le sol et dans l'air par pollution diffuse. L'ingénieur révèle aussi que les herbicides sont plus efficaces que les fongicides ou les insecticides qui sont destinés aux végétaux et non directement au sol. "Les pertes de produit peuvent aller de 10 à 70% au sol et de 30 à 50% dans l'air sous forme de gouttelettes ou de gaz, soit selon les cibles des dépôts efficaces de 10 à 80% des quantités initiales épandues", évalue Bernard Bonicelli. Après l'application, des pertes peuvent également survenir par volatilisation ou lessivage par les pluies et ce jusqu'à 30% de l'ensemble des produits.

Pour agir de manière plus efficace, Bernard Bonicelli invite les agriculteurs à soigner la préparation des bouillies, en respectant le calcul des volumes à utiliser, les consignes des opérateurs, l'élimination des débordements accidentels ou un bon mélange dans les cuves. Il souligne que le réglage des appareils est important ainsi que le choix de la vitesse d'avancement: plus elle est faible, meilleure est l'application. Le positionnement et l'orientation des buses ou des diffuseurs ne doivent pas être négligés, mais adaptés en fonction de la végétation et de sa croissance. L'entretien des appareils est nécessaire, tout comme l'instauration de contrôles techniques. Les conditions météorologiques jouent également un rôle dans la contamination de l'environnement, il faut donc choisir d'épandre les produits quand le vent est faible, la température modérée et l'hygrométrie forte pour limiter l'évaporation.

L'optimisation des épandages est obtenue par de meilleures technologies mais aussi grâce au retour d'expérience. Les agriculteurs sont invités à enregistrer les situations rencontrées, les incidents, les réglages utilisés pour les pulvérisateurs ou le développement des attaques parasitaires. Autant de pratiques individuelles pour une gestion efficace.



(1) Organisme public de recherche finalisée sur la gestion des eaux et des territoires.




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