EPA: les jours de Scott Pruitt sont-ils comptés?

Le 27 avril 2018 par Romain Loury
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Scott Pruitt
Scott Pruitt

L’administrateur de l’agence américaine de protection de l’environnement (EPA) poursuit son travail de sape contre la science. Seul espoir pour ses adversaires, l’examen par le Congrès de ses dépenses exorbitantes, qui pourraient lui coûter cher.

Climatosceptique notoire, réputé pour ses liens étroits avec l’industrie pétrolière, cet ancien procureur général de l’Oklahoma n’en finit pas de s’attaquer aux acquis environnementaux des Etats-Unis. Dernier épisode en date: sa proposition, annoncée mardi 24 avril, visant à renforcer les résultats scientifiques utilisés dans les règlements de l’EPA, notamment en matière de transparence et de reproductibilité.

L’idée peut paraître louable: dans l’Union européenne, les adversaires du glyphosate ont très largement déploré le manque de transparence qui a plané sur la procédure de renouvellement de cet herbicide. Ce qui a incité la Commission européenne, mi-avril, à promettre un accès total aux résultats des études étayant les dossiers d’autorisation des produits chimiques.

Ecarter les études dérangeantes?

Mais outre-Atlantique, et surtout dans le cadre de la présidence Trump, la proposition pourrait avoir d’autres objectifs: celui de saper des travaux reposant sur des données médicales confidentielles. Le Washington Post prend ainsi l’exemple de l’étude Six Cities, menée en 1993 par l’université de Harvard, qui a confirmé un lien entre la pollution de l’air et le risque de décès prématuré –et a poussé l’EPA à resserrer ses critères de qualité de l’air.

Pruitt devant le Congrès

Critiqué de toutes parts, y compris au sein du parti républicain dont il est issu, Scott Pruitt s’avère par ailleurs en fâcheuse position: jeudi 26 avril, il était auditionné par la commission de l’énergie et du commerce du Congrès au sujet de dépenses excessives qu’il a engagées en tant qu’administrateur de l’EPA.

Parmi celles-ci, la rénovation grandiose de son bureau (avec une cabine téléphonique insonorisée coûtant 43.000 dollars), l’entretien d’une équipe de 20 gardes du corps –dont certains l’ont accompagné lors de déplacements privés-, et même le limogeage de collaborateurs ayant dénoncé ces dépenses. Nul ne sait si ses explications, à défaut d’avoir convaincu le Congrès, lui conserveront le soutien de Donald Trump.



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