Eolink se jette à l’eau

Le 19 avril 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le démonstrateur a été mis à l'eau le 19 avril.
Le démonstrateur a été mis à l'eau le 19 avril.
Eolink

La jeune PME bretonne débute les essais de son démonstrateur d’éolienne flottante dans le Goulet de Brest. La dernière ligne droite avant la mise en production de machine de 12 MW?

 

Vendredi 20 avril sera un grand jour pour les Brestois. C’est en plein cagnard printanier que sera inaugurée la première éolienne flottante… bretonne. Conçue et réalisée par Eolink, jeune PME basée à Plouzané, la machine est assez étonnante.

Contrairement aux aérogénérateurs classiques, son rotor n’est pas perché au sommet d’un puissant mât mais au faîte de 4 bras en forme de pyramide. Une façon originale de mieux répartir les contraintes structurelles et d’augmenter, en principe, la résistance à la fatigue et par là même, la durée de vie. Et la rentabilité.

Le démonstrateur qui vient d’être ancré dans le Goulet de Brest, sur le site d’essai de l’Ifremer[1], est un prototype à l’échelle 1/10e du monstre dont rêve déjà Marc Guyot, le fondateur d’Eolink. Mais nous n’en sommes pas encore là.

objectifs : de nouveaux investisseurs

Après avoir levé plus d’un million d’euros auprès d’investisseurs publics et privés, Eolink a financé les études et la construction de son prototype. «L’idée, maintenant qu’il est à l’eau, est de le tester jusqu’à l’automne.» Cinq mois seulement? «Oui, car si la machine est à petite échelle, le vent, lui, souffle toujours aussi fort. Et des rafales de 100 km/h sur ce prototype agissent comme si le vent soufflait à 300 km/h», souligne l’ancien ingénieur motoriste. Pas forcément utile de jouer les trompe-la-mort. «Ce qui compte, ce sont les données que nous allons accumuler pendant ces essais. Si elles confirment nos intuitions, nous pourrons aller voir de nouveau les investisseurs pour financer une machine à taille réelle.»

une machine de 12 MW

Telle qu’il la conçoit, l’Eolink 001 actionnera des pales de 100 mètres de long, aura une puissance nominale de 12 mégawatts (MW), sera posée sur sa pyramide, elle-même fixée sur une plateforme semi-submersible de 66 m sur 58 m. «Avec ce flotteur, calqué sur ceux des plateformes pétrolières, et sa capacité à se positionner toujours dans le sens du vent, la machine est conçue pour affronter des lames de 36 m de haut», assure l’ingénieur.

2,5 millions d’euros du MW

De quoi intéresser les pays cycloniques ayant lancé un programme éolien, comme la Chine, le Japon ou Taïwan, mais aussi les pays riverains de mers tempétueuses: Ecosse, Irlande, Maine, Massachussetts, Norvège. Le prix? «Tout dépendra du nombre de machines commandées.» Mais Eolink ambitionne de livrer des machines prêtes à raccorder pour 2,5 millions d’euros le MW, raccordement compris. En sous-traitant à l’autre bout du monde?

Pas forcément. «La plateforme peut être tractée sur des distances considérables à 6 ou 7 nœuds. Nous pouvons donc tout à fait imaginer faire du port de Brest le centre de production de l’éolien flottant mondial.» A condition, bien sûr, que la politique énergétique de l’Etat reste cohérente et constante dans la durée. Tonnerre de Brest!



[1] Ifremer: Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer

 

 



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