Eoliennes: un effet d’ombre sous-estimé?

Le 04 octobre 2018 par Romain Loury
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Moins de vent pour les autres éoliennes
Moins de vent pour les autres éoliennes

Il faudrait plus d’éoliennes que prévu pour couvrir nos besoins énergétiques, selon une étude américaine publiée dans la revue Environmental Research Letters. En cause, un effet d’ombre, qui amoindrit la vitesse du vent sur d’autres éoliennes.

Quelle est la production d’énergie produite par les éoliennes rapportée à la surface qu’elles occupent? Selon les auteurs, cela dépend, avec des valeurs allant de 0,3 à 47 Watt par mètre carré. Or selon Lee Miller et David Keith, de l’université de Harvard (Cambridge, Massachusetts), ces valeurs demeurent très théoriques.

0,5 Watt par mètre carré

Pour corriger cela, les chercheurs ont analysé la production en 2016 de 411 fermes éoliennes implantées aux Etats-Unis: elle n’y serait en fait que de 0,5 Watt par mètre carré. Si la valeur s’avère aussi basse selon les chercheurs, c’est en raison d’un effet d’ombre: une fois qu’il a franchi une éolienne, le vent faiblit et apporte moins d’énergie à sa voisine.

Certes, les exploitants font attention à éviter cet effet d’ombre. Mais avec l’implantation exponentielle de nouvelles éoliennes, il y a fort à parier que cet effet d’ombre va s’accroître, tandis que l’efficacité énergétique diminuera, indiquent les scientifiques. Ce qui signifie que plus de terres seront nécessaires pour remplir les besoins énergétiques.

Une légère hausse de la température

Autre impact peu connu, les éoliennes pourraient avoir un effet sur le climat -certes sans commune mesure avec la combustion d’énergies fossiles: selon les calculs publiés par les deux chercheurs dans la revue Joule, cet effet pourrait s’élever, pour les Etats-Unis, à une hausse de 0,24°C, si tous les besoins énergétiques étatsuniens étaient couverts par des éoliennes, du fait d’un brassage atmosphérique.

Selon David Keith, «l’énergie éolienne bat le charbon sur tous les indicateurs environnementaux, mais cela ne signifie pas que ses impacts soient pour autant négligeables. Nous devons rapidement sortir des énergies fossiles pour stopper nos émissions carbonées. Pour cela, il nous faut faire un choix entre diverses technologies bas-carbone, dont chacune a ses impacts sociaux et environnementaux». Climatologue à Harvard, David Keith est aussi l’un des dirigeants de la société Carbon Engineering, dédiée au captage du CO2 atmosphérique.



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