Eoliennes: "Nous allons concevoir des pales furtives"

Le 17 mai 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email


Ingénieur de recherche au département Electromagnétisme et radar de l’Office national d’études et de recherches aérospatiales (Onera), Gérard Bobillot dévoile les stratégies qui seront mises en œuvre pour réconcilier radars et éoliennes.

Les éoliennes perturbent-elles vraiment les radars ?

Absolument. Les turbines génèrent plusieurs types de perturbation pour les radars. Pour mesurer la vitesse du vent ou établir des cartes de précipitation, les 28 radars de Météo France utilisent l’effet Doppler.


En deux mots, l’effet Doppler…

Lorsqu’on émet une onde radar sur un objet en mouvement (un nuage, par exemple), la fréquence du signal réfléchi par ledit objet est décalée par rapport à sa vitesse. En mesurant ce décalage, on obtient la vitesse de déplacement de l’objet.


Et les éoliennes perturbent ce phénomène ?

Parce qu’elles produisent un très fort écho, les pales d’éoliennes en mouvement perturbent cet effet Doppler. Les champs d’éoliennes produisent aussi un effet de masquage pour les radars militaires et maritimes qui ne peuvent distinguer un avion à basse altitude d’un écho renvoyé par les turbines. Pour les radars du contrôle aérien, c’est un peu différent. Les éoliennes créent des échos parasites qui peuvent parfois induire en erreur les contrôleurs aériens.


Pour éviter tout conflit, à quelle distance d’un radar doit-on installer un champ d’éoliennes ?

Tout dépend de la topographie. Mais au delà de 30 kilomètres , la circulaire sur la perturbation des radars ne met plus de restriction.


LaRoyal Air Force vient d’acquérir un radar permettant de distinguer des éoliennes offshore d’un avion hostile. Que fait-on en France ?

L’Onera va mener deux types de recherche, financés par l’Ademe. En collaboration avec Oktal SE, nous allons développer un logiciel de simulation des perturbations des radars créées par les éoliennes. Avec cet outil, qui devrait être opérationnel dans 15 mois, les futures implantations seront simulables et les discussions entre météorologues et aménageurs s’engageront sur des bases scientifiques plus solides. Par ailleurs, avec Plastinov et EADS Astrium, nous allons concevoir des pales « furtives ». Elles devraient être au point d’ici 33 mois.


En utilisant des techniques mises en œuvre sur les avions furtifs militaires ?

Nous allons effectivement nous en inspirer, mais en les adaptant. La construction d’une pale d’éolienne, fut-elle furtive, ne peut atteindre les coûts d’un avion de combat.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus