Eolien: vous avez dit repowering?

Le 20 septembre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Le droit français n'incite pas à moderniser les parcs éoliens.
Le droit français n'incite pas à moderniser les parcs éoliens.
Siemens

Solution pour accélérer la production d’électricité éolienne, le repowering est entravé par le droit de l’environnement. Une évolution de la doctrine du ministère en charge de l’énergie est attendue depuis juin 2017.

Tout le monde est d’accord, le rythme du développement de l’éolien en France est insuffisant pour tenir les objectifs de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). S’exprimant mardi 19 septembre dans le cadre d’une réunion organisée par le Syndicat des énergies renouvelables (SER), Laurent Michel a estimé que les objectifs fixés à l’éolien terrestre étaient encore atteignables.

Pas dans les clous

Un récent rapport du Commissariat général au développement durable rappelle pourtant la dure réalité. En 2016, l’éolien terrestre avait tout juste rempli 88% de son objectif annuel (en tonnes équivalent pétrole). Pour être dans les clous, l’éolien marin devrait déjà injecter des mégawattheures (MWh) dans les réseaux. Nous en sommes très loin.

La solution? Accroître le rythme des mises en services. Plus facile à dire qu’à faire. Car, malgré les simplifications administratives récemment adoptées (permis unique, centralisation des recours pour l’éolien marin), il faut en moyenne 7 ans pour construire et mettre en service un parc éolien en métropole.

Changer les turbines

Autre possibilité: accroître la capacité installée d’un parc en changeant les turbines. Le repowering en jargon éolien. élégante sur le papier, cette solution est largement entravée par la complexité de notre droit administratif.

Le code de l’environnement stipule, en son article L 512-15, que l’exploitant d’une installation doit renouveler sa demande d’autorisation «en cas de modification substantielle du projet». Remplacer des aérogénérateurs de 2 MW par des machines trois à quatre fois plus puissantes, est-ce une modification substantielle? Seule l’inspection des installations classées détient la réponse.

Nouvelle instruction ou simple arrêté

En cas d’avis favorable, le préfet exigera de l’opérateur le dépôt d’une nouvelle demande d’autorisation. Avec de nouveaux risques de contentieux anti-éolien à la clé. Dans le cas contraire, le préfet pourra fixer de nouvelles prescriptions complémentaires par un simple arrêté.

Depuis des années, la filière éolienne française demande une clarification et un allègement de la réglementation. Doléance entendue par le Conseil pour la simplification des entreprises. En octobre 2016, la docte assemblée annonçait que le ministère en charge de l’énergie allait élaborer une doctrine d’instruction «permettant des évolutions techniques des parcs éoliens sans avoir à reconduire l’ensemble de la procédure d’autorisation». Le texte était attendu pour juin 2017. On l’attend toujours.

Espoir marin

Un petit espoir arrive, peut-être, de la mer. Il y a quelques jours, Engie annonçait que le gouvernement l’avait autorisé à changer le modèle de la turbine qu’il installera sur les futurs parcs marins des îles d’Yeu et de Noirmoutier, et de Dieppe-Le Tréport.

Reprises par Siemens, les activités éoliennes d’Areva ont été stoppées, et avec elles la production de la AD8, la turbine de 8 MW choisie par Engie. L’énergéticien a obtenu de la remplacer par un modèle équivalent produit par Siemens Gamesa Renewable Energy. Certes, il ne s’agit pas, à l’évidence, d’une «modification substantielle» du projet. Mais une lecture trop restrictive de l’appel d’offres de 2014 aurait pu interdire un tel changement.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus