Eolien: un bilan européen en demi-teinte

Le 09 février 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les investissements dans l'éolien marin européen devraient diminuer.
Les investissements dans l'éolien marin européen devraient diminuer.
VLDT

L’éolien offshore a tiré le business européen, en 2016. Il n’est pas certain que cela dure très longtemps.

 

Les chiffres sont impressionnants. L’an passé, les Européens ont mis en service 13,9 gigawatts (GW) éoliens, dont 12,5 GW dans les pays de l’Union européenne. Certes, c’est 3% de moins qu’en 2015. Mais «cela représente tout de même l’installation de 12 turbines par jour», commente Aloïs Nghiem, analyste pour Wind Europe.

153,7 GW installés

Le lobby européen de l’éolien présentait, ce jeudi 9 février, ses statistiques pour 2016. Avec 153,7 GW installés (17% des capacités totales), les moulins à vent européens représentent désormais la seconde capacité de production d’électricité du Vieux monde, derrière les centrales à gaz (186 GW).

Onshore roi

Sans surprise, c’est l’éolien terrestre qui se taille la part du lion: avec 1.567 MW inaugurés en 2016, les turbines marines ne représentent que 13% des capacités éoliennes raccordées aux réseaux l’an passé.

300 TWh produits en 2016

En 2016, le parc éolien européen a produit près de 300 térawattheures (TWh): l’équivalent de 10% de la consommation. Avec de grandes disparités selon les pays. Au Danemark, plus d’un électron sur trois est produit par les éoliennes, près de un sur trois en Irlande et un sur quatre au Portugal. Malgré son parc impressionnant (50 GW), l’Allemagne ne produit que 16% de son électricité à partir du vent, contre 4,4% pour la France.

L’Allemagne continue de tirer le marché européen. Pas moins de 5,4 GW y ont été installés (43,6%), loin devant la France (1.561 MW, soit 12,5%), les Pays-Bas (887 MW, soit 7,1%) ou le Royaume-Uni (736 MW, soit 5,9%).

Perspectives inquiétantes

Quelles sont les perspectives de l’éolien européen? Inquiétantes, semble-t-il. Avec 27,5 milliards d’euros, on a battu des records d’investissement en Europe, en 2016. Pour autant, ce chiffre est uniquement imputable à la forte hausse des investissements dans l’éolien en mer (+39% par rapport à 2015). A contrario, à 9,3 milliards, le montant des investissements dans les turbines terrestres est en recul: une première depuis 5 ans.

Les nouvelles centrales électriques utilisant les énergies renouvelables ont représenté une capacité de 24,5 GW, soit 86% des nouvelles capacités électriques raccordées aux réseaux en 2016.

Or, en matière d’offshore, c’est le Royaume-Uni qui mène la danse. Entre 2010 et 2016, Londres a investi plus d’une quarantaine de milliards d’euros dans l’éolien, soit une dizaine de milliards de plus que Berlin. Avec plus de 25 GW prévus et en construction (5 fois la capacité déjà en service), la Grande-Bretagne devrait conserver son leadership marin jusqu’en 2018.

Début de déclin

Passé cette année, Wind Europe estime que les capacités installées en mer iront en diminuant: de 3,5 GW en 2017, elles devraient flirter avec les 2,5 GW en 2020. Pour rebondir peut-être, par la suite, avec l’arrivée des parcs français.

Pour bien d’autres raisons, 2017 ne devrait pas être un grand cru éolien en Europe, affirmait récemment Michael Liebreich, fondateur de Bloomberg New Energy Finance (BNEF). Les suites du Brexit et les élections présidentielles françaises, allemandes, néerlandaises ne sont pas propices à la prise de risque industriel. D’autant que certains pays, comme le Royaume-Uni, réduisent leur soutien aux énergies renouvelables.

Investissements insuffisants

Résultat prévisible: l’Europe n’atteindra pas les objectifs renouvelables qu’elle s’est fixés pour 2020. «Il faudrait pour cela que nous installions chaque année 13 GW éoliens», rappelle Aloïs Nghiem. Nous n’y sommes pas tout à fait. Au plan mondial, c’est bien pire. BNEF estime que 500 à 600 milliards de dollars doivent être consacrées, chaque année, aux énergies décarbonées pour espérer atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris. Depuis 2010, nous investissons moins de 300 milliards de dollars dans les renouvelables et le nucléaire.

 

 



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