Eolien: sécurité des personnes mal prise en compte

Le 26 novembre 2004 par Claire Avignon
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Le ministère de l'Industrie a publié le 24 novembre le rapport du Conseil général des Mines sur la sécurité des éoliennes. Les auteurs du rapport ne sont pas tendres avec les pouvoirs publics et les industriels, malgré une probabilité d'incidents qui apparaît faible.

La réglementation européenne et internationale sur la sécurité des éoliennes n'est pas respectée car «ignorée des assujettis, mais aussi des services de l'Etat chargés de la faire appliquer». C'est la principale conclusion du rapport. La directive européenne "machine" 98/37/CE apparaît comme le texte de référence pour établir un plan de sécurité. Mais les professionnels de l'éolien ne l'utilisent pas, puisqu'ils se réfèrent principalement à la circulaire du 10 septembre 2003. Le terme «sécurité» y apparaît bien, mais pour s'appliquer aux réseaux publics d'électricité et non aux agents d'exploitation et au public. Les auteurs du rapport plaident donc pour une modification de la circulaire. Ce qui entraînerait une meilleure prise en compte de l'obligation en matière de sécurité des personnes de la part des exploitants et des Directions régionales de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire).

Les auteurs tempèrent tout de même leurs critiques en mettant en avant le fait que peu d'accidents ont eu lieu en France et dans le monde. Ils ont répertorié quatre incidents majeurs entre 2000 et 2004. Grâce à l'inventaire de tous les incidents produits en Europe, les principales causes ont pu être statistiquement établies. Les origines d'incidents ou d'accidents sont multiples:la perte d'une partie ou de la totalité d'une pale, la foudre qui abîme le matériel électrique et peut causer un incendie, l'échauffement des parties mécaniques qui «peut encore conduire à des sinistres majeurs», et le non respect des règles d'exploitation.

Ces défaillances ne sont à l'origine que de très peu d'accidents de travailleurs ou du public. En France, un seul accident professionnel a été enregistré le premier juillet 2002 sur le site de Sigean (Aude): «Un outil métallique manipulé par un opérateur est entré en contact avec une partie sous haute tension d'un transformateur. L'opérateur a subi une brûlure et un choc électrique qui ont nécessité un arrêt de travail de quatre mois», explique le rapport.

Des décès ont tout de même été constatés dans le reste du monde. Le risque s'élève d'après le rapport à un mort tous les 20 ans en France. 95% des accidents mortels ont lieu lors de la construction et la déconstruction des machines ou lors d'opérations de maintenance. On doit notamment ces données à un américain, Paul Gide, qui a étudié la mortalité due à l'énergie des aérogénérateurs, en répertoriant tous les décès des années 1970 à 2003. Il s'avère qu'aucun accident dû «à la ruine d'une machine ou l'éjection d'une partie de la machine» n'a jamais été enregistré.




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