Eolien offshore: les décisions gouvernementales se font attendre

Le 10 février 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Alstom présentait, ce vendredi 10 février, son prototype d’éolienne marine. Baptisé Héliade 150, ce monstre qui pèsera, une fois installé en mer, près d’un millier de tonnes, affiche une capacité installée unitaire de 6 mégawatts: un record dans le secteur!

Conçu par les ingénieurs de l’ancienne Ecotechnia (le concepteur d’éoliennes barcelonais racheté par Alstom), l’engin est le cœur de la stratégie de développement dans l’éolien du groupe français. Dépourvue de boîte de vitesse, cette turbine, réputée plus fiable et plus productrice que ses concurrentes, a séduit EDF Energies nouvelles (EDF EN) et Dong Energy, les deux partenaires d’Alstom, en France.

Ce trio a répondu à 4 des 5 appels d’offre éolien offshore lancé en juillet dernier par le gouvernement français. A Saint-Nazaire, Saint-Brieux, Fécamp et Courseulles-sur-mer, Alstom, Dong et EDF EN espèrent installer, à partir de 2016, 321 Héliade 150, pour une puissance installée totale de 1.926 MW.

Si le choix du gouvernement français leur est favorable (le trio entend rafler au moins 3 des 4 sites visés), les partenaires entendent monter de toute pièce une filière industrielle tricolore. Aujourd’hui, la turbine vedette d’Alstom est conçue en Espagne. Ses pales de 73 mètres de long sont fabriquées par le danois LM. Les lourdes pièces en acier sont coulées en Espagne et en Chine.

De Fécamp à Saint-Nazaire, le trio prévoit d’installer sur le grand Ouest les usines de construction des générateurs, des nacelles, des pales, des mâts et de fondation, notamment pour les sous-stations. Et des centres de contrôle et de commande des parcs offshore. Quatre ports seront aménagés pour servir de base pour les chantiers en mer et la maintenance. Sans compter la création, en Pays de la Loire, d’un centre d’ingénierie où Alstom regrouperait ses compétences dans l’amont de l’éolien marin. «Au total, résume Béatrice Buffon, directrice du développement d’EDF EN, ce sont 7.500 emplois qui pourraient être créés.» Dont certains seraient durables. Les champs marins français étant prévus pour durer, au minimum, 20 ans, les opérations d’exploitation et de maintenance auront la même durée.

Idem pour l’ingénierie. Car, au delà des 3 gigawatts français déjà lancés, Alstom et ses partenaires regardent bien au-delà de l’horizon. «Avec le troisième round de développement de l’éolien offshore britannique et le programme allemand, on estime que plus de 70 GW seront installés au large de ces deux pays d’ici 2020», estime Frédéric Hendrick d’Alstom Power.

Mais avant d’investir une bonne centaine de millions d’euros pour créer cette filière française, les trois partenaires restent prudents. Si la seule commande française est inférieure à 4 années de production, la voilure du projet industriel pourrait être réduite. Deux arguments plaident d’ailleurs en ce sens. D’une part, les entreprises craignent le second appel d’offre éolien offshore. «Il se pourrait qu’on nous impose d’aller dans des régions très difficiles ou que l’on nous impose, de fait, des technologies non matures», annonce un responsable du trio franco-danois. D’autre part, le gouvernement britannique n’ayant toujours pas fixé le tarif de rachat de l’électricité produite par les éoliennes du futur «round 3», aucun énergéticien n’a encore commandé ses éoliennes.

Les industriels de l’éolien sont prêts. Mais plus que jamais leur choix stratégique et leur activité dépendent de décisions que les gouvernements ne sont pas prêts à prendre.

 



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