Éolien marin : un appel d’offres qui ne fait pas que des heureux

Le 24 janvier 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le président de la République devrait annoncer, demain mardi 25 janvier, le lancement de l’appel d’offres sur l’éolien offshore. A l’occasion d’un déplacement à Saint-Nazaire, au cours duquel sera signé l’accord portant sur la vente à la Russie de bâtiments de projection et de commandement de type Mistral, Nicolas Sarkozy devrait officiellement lancer la procédure d’appel d’offres, portant sur la réalisation de 3.000 mégawatts de capacités éoliennes en mer. Les machines devraient être installées dans 5 sites pré-sélectionnés, situés au large d’une bande côtière allant du Tréport (76) à Saint-Nazaire (44). Les sites de Saint-Brieuc, Saint-Nazaire, Courseulles-sur-mer et Tréport seront régulièrement cités.

 

Formellement, la procédure sera encadrée par la Commission de régulation de l’énergie qui délivrera, à partir de l’année prochaine, des concessions d’une durée de 20 ans. La mise en service de ces 600 machines de 5 MW de capacité unitaire étant prévue pour 2015. Ce qui apparaît très optimiste, compte tenu du nombre de recours qui frappe les projets éoliens à terre (90%).

 

Attendue depuis plus d’un an, cette décision ne fera pas que des heureux. A commencer par Enertag. La filiale française du groupe allemand avait été la seule à emporter, en 2004, un premier appel d’offres sur l’éolien offshore. Son projet prévoyait l’installation de 21 turbines Multibrid (groupe Areva) de 5 MW au large de la côte d’Albâtre.

 

Nanti de toutes les autorisations administratives nécessaires (occupation de l’espace maritime, permis de construire), le projet est gelé tant que la justice administrative ne s’est pas prononcée de façon définitive sur un recours déposé par des anti-éoliens. Ce qui n’est pas pour demain. Le tribunal administratif de Rouen n’ayant pas encore ouvert le dossier, plus de deux ans après l’avoir reçu. Mais il faudra aussi à Enertag réunir de nouveaux capitaux, car le coût d’implantation d’une éolienne de 5 MW a grimpé de 40% depuis 2005. Il lui faudra espérer enfin que son projet se situe dans les zonages prévus par le nouvel appel d’offres. Faute de quoi, le projet pourrait prendre l’eau définitivement.

 

Ce qui n’enchante guère l’entreprise qui a déjà investi 50 millions d’euros dans l’acquisition des pièces d’acier pour les fondations, des câbles électriques, d’une sous-station et du transformateur qui permettront d’injecter l’électricité sur le réseau de transport de RTE.

 

La Compagnie du vent tente elle aussi, depuis plusieurs années, de développer son projet des deux côtes : 140 éoliennes (de 5 MW unitaire) à une vingtaine de kilomètres de la baie de Somme. Les dirigeants de cette filiale de GDF Suez espèrent aussi que le projet se situera dans l’une des zones retenu par le nouvel d’appel d’offres.

 

Nombre de candidats potentiels craignent également que la procédure donne peu de chances aux entreprises étrangères. Le 19 janvier, EDF Energies nouvelles et Alstom Power ont signé un contrat au terme duquel la filiale d’EDF s’engage à n’équiper ses parcs français que de turbines Alstom de 6 MW. S’il fait grincer les dents de nombre de développeurs, cet accord n’est pas pour déplaire à Areva. Le second producteur tricolore de turbines pourrait être tenté de faire valoir sa nationalité pour nouer plus facilement des partenariats avec des investisseurs étrangers.



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