Eolien marin: Nicolas Hulot met la pression sur les opérateurs

Le 09 mars 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Requiem pour l'éolien marin français ?
Requiem pour l'éolien marin français ?
VLDT

Le gouvernement veut diminuer le tarif d’achat des futurs parcs éoliens marins.

 

Cela devait arriver. Le gouvernement n’entend pas rémunérer l’électricité que produiront les fermes éoliennes marines d’EDF et d’Engie au tarif proposé par les industriels lors de l’attribution des appels d’offres. Problème: depuis le lancement du premier appel d’offres, en 2012, les coûts de production ont chuté vertigineusement. Selon nos informations le tarif exigé par EDF EN, Iberdrola et Engie serait supérieur à 200 euros le mégawattheure. Ce qui pouvait se justifier avec les machines et les techniques du moment. Ce n’est plus le cas.

Déflation à suivre

Les récents appels d’offres européens sont remportés par des consortiums proposant de vendre leur courant vert à des coûts trois fois moindres que ceux des futurs parcs marins français. Et cette déflation devrait se poursuivre avec l’arrivée sur le marché de turbines ultra puissantes, telle l’Haliade-X de General Electric.

Fort logiquement, l’administration Philippe n’entend plus faire peser sur EDF (acheteur obligé) et sur le consommateur (via la CSPE[1]) des coûts de production trop importants. Raison pour laquelle le gouvernement a déposé, jeudi 8 mars, un drôle d’amendement au projet de loi sur la société de confiance, actuellement en discussion au Sénat. Dans son texte, le ministère de la transition écologique prévoit de «diminuer le montant du tarif d’achat ou du complément de rémunération, dans des conditions et selon des modalités définies par décret en Conseil d’Etat».

Mettre fin aux projets

Si la renégociation s’avérait impossible, «une des options pourrait être de mettre fin à ces projets et de lancer une nouvelle procédure dans les meilleurs délais afin de pleinement profiter des améliorations technologiques».

Non encore votées, ces dispositions font hurler les professionnels. Dans un communiqué, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) fustige le projet gouvernemental. Le projet d’amendement, s’il était adopté, pourrait «remettre en cause de manière rétroactive et par simple décret des projets d’énergies renouvelables pourtant légalement attribués dans le cadre d’appels d’offres. A l’heure où s’ouvre le débat public sur l’avenir du modèle énergétique français, cette proposition constitue un signal désastreux, sans précédent, pour l’ensemble des filières renouvelables et une remise en cause de ses engagements en la matière.»



[1] CSPE: Contribution au service public de l’électricité

 



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