Eolien marin: les zadistes se jettent à l’eau

Le 10 mars 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les turbines françaises ne le sont plus.
Les turbines françaises ne le sont plus.
Alstom

A quelques semaines du démarrage du débat public sur le parc éolien du Tréport, les résistances s’organisent.

Un clou chasse l’autre, dit l’adage. Quelques jours après l’évacuation des «zadistes» du site de Sivens, voilà qu’un autre collectif fait son apparition sur les réseaux sociaux. Cette fois, la «zone à défendre» n’est plus une zone humide située à proximité de Nantes ou des coteaux de Gascogne, mais la pleine mer. Rien de moins.

Créé par Ariane Vennin, le «Collectif des zadistes contre l’éolien en mer» cultive les paradoxes. «Nous ne sommes pas contre l’éolien en mer, mais nous ne voulons pas celui qu’on nous impose et pas à n’importe quel prix», explique l’ancienne égérie du réseau «Touche pas à mon panneau solaire».

La faute aux fonctionnaires

L’avocate rappelle que la France avait été l’une des premières à organiser un appel d’offres pour l’installation d’éoliennes marines (c’était en 2005). «Malgré ça, aucune machine ne tourne encore, alors que les fermes marines sont légion au Danemark, en Allemagne, ou au Royaume-Uni.»

Un retard que l’ex-membre du Grenelle de l’environnement impute aux «fonctionnaires». Fin 2014, les 74 parcs éoliens marins en service au large des côtes européennes affichaient une puissance installée totale de 8.045 mégawatts. En France, les turbines les pieds dans l’eau injecteront leurs premiers électrons à partir de 2018. Au mieux.

Comme pour le photovoltaïque

L’ancienne porte-parole d’Ecologie sans frontière ne veut pas non plus revivre les mésaventures de l’énergie photovoltaïque: «Nous pensons que les techniques mises en œuvre par les opérateurs français ne sont pas optimales, ce qui occasionnera des coûts de production élevés, qui seront réglés par le contribuable. A terme, comme on l’a vécu pour le photovoltaïque, on risque le moratoire.»

«Je constate aussi, dit-elle, qu’Areva cède son activité éolienne à Gamesa et qu’Alstom s’est allié à General Electric: nos impôts doivent-ils servir à soutenir les activités d’industriels étrangers?» S’il ne s’agit pas d’aller occuper les navires poseurs d’éoliennes ni les machines, les activistes veulent ouvrir un débat, tant sur le plan technique qu’économique.

Un patron allié aux «zadistes»

Paradoxe: les «zadistes» de l’éolien en mer trouveront pour allié un ancien patron. A quelques semaines du lancement du débat public sur le parc éolien marin du Tréport (Seine-Maritime), Jean-Michel Germa, créateur de la Compagnie du vent (aujourd’hui filiale de GDF Suez) indique qu’il «entend demander, par tous les moyens appropriés, réparation au géant de l’énergie pour le préjudice subi». Dans un communiqué, le frère du patron de la branche française du WWF rappelle que «la Compagnie du vent a […] été écartée, par son actionnaire majoritaire, du projet du Tréport auquel elle avait pourtant largement contribué».

Au large du Tréport, un consortium emmené par GDF Suez entend mettre en service 62 turbines Areva de 8 MW unitaire.

 



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